comment réussir à quitter un pervers narcissique

Comment réussir à quitter un pervers narcissique quand on est HPI & TDAH ou HPI & TSA ?

HPI, TDAH, TSA : comment quitter une relation d’emprise avec un pervers narcissique ?

Il est souvent très difficile de comprendre que l’on partage sa vie avec une personne manipulatrice, toxique ou en situation d’emprise. La relation peut alterner entre intensité, espoir, culpabilité, peur de perdre l’autre et sentiment de ne plus savoir quoi penser.

Quand on est HPI, TDAH et/ou TSA, cette emprise peut prendre une forme encore plus déroutante. L’hyperanalyse, la rumination, le besoin de cohérence, l’intensité émotionnelle ou la peur du rejet peuvent enfermer dans une boucle mentale épuisante : on cherche à comprendre, à réparer, à expliquer… au lieu de se protéger.

Pourtant, il est possible de sortir de cette dynamique. Quitter une relation d’emprise ne se résume pas à “prendre une décision” : c’est souvent un chemin progressif, qui passe par la prise de conscience, l’aide extérieure, la sécurisation du départ et la reconstruction.

Pourquoi est-il si difficile de quitter une relation d’emprise ?

On entend souvent : “Mais pourquoi tu ne pars pas ?”
Comme si quitter une relation toxique relevait simplement d’une décision rationnelle. Comme s’il suffisait de comprendre que l’autre nous fait du mal pour réussir à partir.

En réalité, sortir d’une relation d’emprise est beaucoup plus complexe. L’emprise ne fonctionne pas comme un conflit de couple classique. Elle s’installe progressivement, souvent de manière insidieuse, jusqu’à modifier la perception que l’on a de soi, de l’autre et de la relation. Les violences au sein du couple peuvent être physiques, mais aussi psychologiques, sexuelles ou économiques ; elles ne se résument donc pas aux coups visibles.

Dans une relation d’emprise, la personne ne reste pas parce qu’elle “aime souffrir”, parce qu’elle “manque de caractère” ou parce qu’elle “ne voit rien”. Elle reste souvent parce que son système affectif, son sentiment de sécurité, sa confiance en elle et parfois même son quotidien matériel ont été progressivement pris dans une toile de dépendance, de peur, de culpabilité et d’espoir.

Quand on est HPI, TDAH et/ou TSA, cette difficulté peut être encore amplifiée. Non pas parce qu’on serait plus “faible”, mais parce que certains fonctionnements neuroatypiques peuvent renforcer la rumination, l’hyperanalyse, le besoin de cohérence, l’intensité émotionnelle ou la tendance à vouloir comprendre coûte que coûte. Le cerveau cherche une explication logique à une situation qui, précisément, repose souvent sur l’incohérence, la domination et la confusion.

L’attachement, la peur, la culpabilité et l’espoir

La première difficulté, c’est que l’on n’essaie pas seulement de quitter une personne. On essaie de quitter une histoire, un attachement, des souvenirs, des promesses, une version idéalisée de la relation.

Au début, la relation a souvent été intense. Il y a eu de l’admiration, de la complicité, peut-être la sensation d’être enfin vue, enfin comprise, enfin choisie. Cette phase initiale peut devenir une référence intérieure : même lorsque la relation devient douloureuse, une partie de soi continue d’espérer retrouver “la personne du début”.

C’est l’un des grands pièges de l’emprise : on ne s’accroche pas seulement à ce qui est, mais à ce qui a été, ou à ce qui pourrait redevenir.

La peur joue aussi un rôle majeur. Peur de se tromper. Peur de regretter. Peur de déclencher la colère de l’autre. Peur de se retrouver seule. Peur de ne pas être crue. Peur de ne pas réussir à vivre sans cette personne. Dans certains cas, cette peur peut être liée à un danger réel : menaces, intimidation, surveillance, chantage, pression financière ou isolement. Les dispositifs publics rappellent d’ailleurs qu’il est important de ne pas rester seul ou seule face à une situation de violence ou d’emprise, et de se tourner vers une personne de confiance, un professionnel ou une association spécialisée.

À cette peur s’ajoute souvent une culpabilité écrasante. La personne sous emprise se demande :
“Est-ce que je n’en demande pas trop ?”
“Est-ce que je suis trop sensible ?”
“Est-ce que c’est moi qui provoque les disputes ?”
“Est-ce que je l’abandonne alors qu’il ou elle souffre ?”

Cette culpabilité est d’autant plus forte que la personne manipulatrice peut renvoyer sans cesse la responsabilité sur l’autre : tu exagères, tu es instable, tu dramatises, tu es trop exigeant, personne ne te supportera comme moi. À force, la victime finit parfois par douter de son propre jugement.

Et puis il y a l’espoir. L’espoir est probablement l’un des liens les plus puissants dans une relation d’emprise. On espère que l’autre va comprendre. Qu’une discussion va tout changer. Qu’une thérapie de couple va réparer la relation. Qu’un déménagement, un projet, des vacances, un enfant, une nouvelle étape de vie vont enfin apaiser les choses.

Mais dans une relation d’emprise, l’espoir peut devenir une cage. Il maintient dans l’attente d’un changement qui ne dépend pas de soi.

L’alternance chaud-froid et la confusion mentale

Une relation d’emprise n’est pas nécessairement douloureuse en permanence. C’est justement ce qui la rend si difficile à identifier.

S’il n’y avait que du rejet, de la froideur ou de l’humiliation, le départ serait parfois plus évident. Mais il y a aussi des moments de douceur, de tendresse, de retour, de promesse, de complicité. Après une période de tension, l’autre peut redevenir charmant, attentionné, fragile ou amoureux. La victime respire. Elle se dit : “Tu vois, ce n’est pas si grave. La personne que j’aime est encore là.”

Puis le cycle recommence.

Cette alternance entre affection et rejet, proximité et distance, valorisation et dévalorisation crée une confusion profonde. Les recherches sur les liens traumatiques dans les relations abusives montrent que des attachements très forts peuvent se former lorsque des épisodes de maltraitance alternent avec des moments de soulagement, d’attention ou de réconciliation.

C’est ce que beaucoup de personnes décrivent comme le “chaud-froid” : un jour l’autre semble vous aimer, le lendemain il vous ignore, vous rabaisse ou vous punit par le silence. Un jour il vous fait sentir unique, le lendemain il vous traite comme si vous étiez un poids. Un jour il promet de changer, le lendemain il recommence.

Ce mécanisme peut rendre la rupture extrêmement difficile, car le cerveau reste accroché aux moments positifs. Il attend le retour de la phase douce. Il cherche à reproduire les conditions qui permettraient de retrouver l’autre “comme avant”. On finit par adapter son comportement en permanence : parler moins, demander moins, se justifier davantage, éviter certains sujets, anticiper les réactions, surveiller son ton, ses mots, ses émotions.

Peu à peu, la personne sous emprise ne se demande plus : “Est-ce que cette relation me fait du bien ?”
Elle se demande : “Comment faire pour éviter que ça dégénère ?”

Et c’est là que la relation commence à prendre toute la place.

Chez les personnes HPI, TDAH ou TSA, cette confusion peut devenir particulièrement envahissante. Le HPI peut chercher une cohérence globale, une explication fine, une logique cachée. Le TDAH peut accentuer la dérégulation émotionnelle, l’impulsivité dans les réactions, puis la culpabilité après coup. Le TSA peut rendre encore plus coûteux le flou relationnel, les doubles discours ou les intentions ambiguës. Dans tous les cas, le cerveau peut se retrouver saturé : il analyse, compare, interprète, revient sur les scènes passées, tente de prédire la prochaine réaction.

Ce n’est plus seulement une relation douloureuse. C’est une relation qui occupe tout l’espace mental.

Le piège du “je vais réussir à comprendre”

Quand on est face à une personne manipulatrice, l’un des pièges les plus épuisants consiste à croire que comprendre suffira à se libérer.

On cherche pourquoi l’autre agit ainsi. On analyse son enfance, ses blessures, ses traumatismes, ses contradictions. On se demande s’il ou elle souffre, s’il ou elle a peur de l’abandon, s’il ou elle ne sait simplement pas aimer autrement. On lit des articles, on regarde des vidéos, on décortique les messages, les silences, les regards, les disputes.

Et plus on cherche, plus on s’éloigne parfois de la seule question vraiment protectrice :
qu’est-ce que cette relation me fait vivre ?

Dans une relation saine, comprendre permet souvent d’avancer. Dans une relation d’emprise, comprendre peut devenir une boucle sans fin. Car le problème n’est pas seulement le manque d’explication. Le problème, c’est la répétition des comportements qui abîment : culpabilisation, rabaissement, mensonges, contrôle, indifférence à la souffrance de l’autre, promesses non tenues.

Le contrôle coercitif est justement décrit comme un ensemble répété de comportements de domination, d’humiliation, de manipulation ou de privation d’autonomie, qui peut exister même sans violence physique.

Autrement dit, la question n’est pas forcément :
“Est-ce que cette personne est vraiment perverse narcissique ?”

La question peut devenir :
“Est-ce que je me sens libre, respectée, en sécurité et vivante dans cette relation ?”

C’est un déplacement essentiel.

Parce que tant que l’on cherche à poser le bon diagnostic sur l’autre, on peut rester coincé longtemps. On attend une certitude absolue. On veut être sûr de ne pas être injuste. On veut comprendre avant d’agir. Mais dans une relation d’emprise, attendre d’avoir tout compris peut retarder le moment de se protéger.

Pourquoi le HPI, le TDAH ou le TSA peuvent renforcer la rumination ?

Quand on est HPI, TDAH et/ou TSA, quitter une relation d’emprise peut être encore plus déroutant. Non pas parce que les personnes neuroatypiques seraient plus faibles ou plus “faciles à manipuler”, mais parce que certains fonctionnements cognitifs et émotionnels peuvent amplifier la rumination.

Le cerveau cherche à comprendre. Il repasse les scènes en boucle. Il analyse les mots, les silences, les changements d’attitude. Il essaie de trouver une logique à une relation qui, souvent, repose justement sur l’incohérence, le chaud-froid et la confusion.

Le besoin de cohérence chez les profils HPI

Chez certaines personnes HPI, le besoin de comprendre peut devenir très envahissant. Face à une personne manipulatrice, le cerveau cherche une explication rationnelle : Pourquoi dit-elle une chose et fait-elle l’inverse ? Pourquoi m’aime-t-elle un jour et me rejette-t-elle le lendemain ? Pourquoi suis-je si mal alors que je l’aime ?

Le problème, c’est qu’une relation d’emprise n’est pas toujours cohérente. Elle peut alterner entre affection, culpabilisation, rejet, promesses, silence, retour, excuses, puis nouveaux comportements blessants.

À force de chercher une logique, on peut rester coincé dans l’analyse au lieu d’écouter un signal beaucoup plus simple : cette relation me fait du mal.

La dérégulation émotionnelle possible dans le TDAH

Dans le TDAH, la régulation émotionnelle peut être plus difficile. Plusieurs travaux scientifiques montrent que la dérégulation émotionnelle est fréquente chez les adultes ayant un TDAH et peut participer à la souffrance quotidienne.

Dans une relation d’emprise, cela peut rendre les choses encore plus épuisantes. Une remarque froide, un silence, une menace de rupture ou une humiliation peuvent déclencher une vague émotionnelle intense : panique, colère, tristesse, culpabilité, besoin urgent de réparer.

La personne manipulatrice peut ensuite utiliser cette réaction contre vous : Tu vois, tu es instable. Tu cries. Tu dramatises. C’est toi le problème.

Résultat : vous ne regardez plus seulement ce que l’autre vous fait subir. Vous vous focalisez sur votre propre réaction. Et vous culpabilisez.

La difficulté à décoder les intentions dans certains profils TSA

Chez certaines personnes TSA, les intentions implicites, les sous-entendus, les doubles discours ou les changements de ton peuvent être particulièrement coûteux à interpréter. Les recherches sur l’autisme montrent des différences dans certains domaines de cognition sociale chez les adultes TSA, même si chaque profil reste unique.

Dans une relation d’emprise, cela peut créer une grande confusion. La personne peut dire : Je t’aime, tout en adoptant des comportements froids, humiliants ou menaçants. Elle peut sourire en disant quelque chose de violent. Elle peut affirmer que “tout va bien” alors que son attitude montre l’inverse.

Pour un cerveau qui a besoin de clarté, cette ambiguïté peut devenir insupportable. On cherche alors à décoder, à vérifier, à demander des explications. Mais plus on demande de clarté, plus l’autre peut entretenir le flou.

L’hyperanalyse : quand le cerveau cherche une logique là où il y a de la manipulation

Le piège, c’est de croire que si l’on comprend tout, on pourra enfin se libérer. Mais dans une relation d’emprise, comprendre ne suffit pas toujours.

On peut comprendre les blessures de l’autre, son enfance, ses fragilités, ses contradictions. On peut lire des dizaines d’articles sur les pervers narcissiques, la dépendance affective ou les relations toxiques. Mais la vraie question reste : est-ce que cette relation me respecte, me sécurise et me permet d’être moi-même ?

À un moment, il faut parfois arrêter de chercher pourquoi l’autre agit ainsi, et revenir aux faits :
Est-ce que je me sens libre ?
Est-ce que je peux dire non ?
Est-ce que je peux être en désaccord sans avoir peur ?
Est-ce que je me reconnais encore ?

Ces questions sont souvent plus utiles qu’un diagnostic posé sur l’autre.


Étape 1 : reconnaître les signes d’emprise

Sortir de l’emprise commence souvent par une étape difficile : accepter que ce que l’on vit n’est pas “juste une relation compliquée”.

Les violences conjugales ne sont pas seulement physiques. Elles peuvent aussi être psychologiques, sexuelles ou économiques. La violence psychologique peut notamment passer par des propos dévalorisants, des insultes, des menaces ou des comportements qui rabaissent l’autre.

Dévalorisation, culpabilisation, isolement

Une relation d’emprise commence parfois par de petites phrases :
Tu es trop sensible.
Tu ne comprends rien.
Tu as de la chance que je te supporte.
Tes amis te montent la tête.
Ta famille ne veut pas ton bonheur.

Petit à petit, ces phrases abîment l’estime de soi. On parle moins à ses proches. On doute davantage. On évite certains sujets. On s’adapte à l’autre pour ne pas provoquer de conflit.

Perte de confiance en soi

L’un des signes les plus importants, c’est la perte de confiance en son propre jugement.

Avant, vous saviez ce que vous aimiez, ce que vous vouliez, ce qui était acceptable ou non. Puis, progressivement, vous ne savez plus. Vous avez besoin de l’avis de l’autre pour décider. Vous vous excusez tout le temps. Vous avez peur de mal faire.

L’emprise ne détruit pas toujours d’un coup. Elle érode.

Impression de devenir “folle” ou “fou”

Beaucoup de personnes sous emprise disent : Je ne me reconnais plus.
Elles deviennent anxieuses, irritables, obsédées par la relation. Elles vérifient les messages, anticipent les disputes, reviennent sans cesse sur les mêmes scènes.

Cette impression de “devenir folle” ne signifie pas que vous êtes folle. Elle peut être le signe que votre système nerveux est saturé par une relation instable, culpabilisante ou menaçante.

Peur de la réaction de l’autre

Un autre signe essentiel : la peur.

Peur de dire non.
Peur de poser une limite.
Peur de partir.
Peur de provoquer une crise.
Peur que l’autre se venge, se victimise, vous harcèle ou vous fasse culpabiliser.

Quand on commence à organiser toute sa vie autour des réactions possibles de l’autre, ce n’est plus une relation sécurisante.


Étape 2 : en parler à une personne extérieure

L’emprise se nourrit souvent du silence. Plus on reste seul ou seule avec ses doutes, plus il devient difficile de retrouver de la clarté.

Le site gouvernemental Arrêtons les violences rappelle qu’il est important de ne pas rester seule face à une violence ancienne ou récente, et qu’on peut en parler à une personne de confiance, un professionnel de santé, une assistante sociale, une avocate ou une association spécialisée.

Pourquoi l’entourage est essentiel

Un proche peut aider à remettre du réel dans une situation confuse.

Il peut dire : Non, ce n’est pas normal.
Il peut garder des documents.
Il peut accueillir temporairement.
Il peut accompagner à un rendez-vous.
Il peut aussi rappeler qui vous étiez avant cette relation.

L’entourage ne remplace pas un professionnel, mais il peut devenir un point d’appui.

Pourquoi un professionnel peut aider à retrouver de la lucidité

Un psychologue, un médecin, une association ou un juriste peut aider à nommer ce qui se passe. Ce regard extérieur est précieux, surtout quand on doute de soi.

Dans une relation d’emprise, on a souvent besoin d’entendre les choses plusieurs fois avant de pouvoir les accepter. Ce n’est pas de la faiblesse. C’est le temps nécessaire pour sortir du brouillard.

Que faire si l’on a honte ou peur de ne pas être cru ?

La honte est fréquente. On peut se dire : Comment ai-je pu accepter ça ? Pourquoi suis-je restée ? Personne ne va me croire.

Pourtant, l’emprise peut toucher des personnes intelligentes, sensibles, diplômées, autonomes, fortes en apparence. Elle ne dit rien de votre valeur. Elle dit quelque chose du mécanisme relationnel dans lequel vous avez été pris ou prise.

Commencez par une seule personne fiable. Une phrase peut suffire :
“Je crois que je suis dans une relation qui me fait du mal, et j’ai besoin d’en parler.”


Étape 3 : préparer son départ sans se mettre en danger

Quitter une personne manipulatrice ou violente ne se fait pas toujours sur un coup de tête. Parfois, il faut préparer son départ discrètement, surtout s’il existe un risque de colère, de chantage, de menace ou de violence.

Ne pas annoncer trop tôt son intention de partir

Dans une relation saine, on peut parler d’une séparation. Dans une relation d’emprise, l’annonce peut déclencher une intensification du contrôle : promesses soudaines, menaces, surveillance, culpabilisation, pression sur les proches.

Il peut donc être préférable de préparer d’abord le concret : où aller, avec qui, avec quels documents, avec quel argent, avec quels soutiens.

Préparer ses papiers, ses affaires, ses accès numériques

Le site Arrêtons les violences conseille de scanner et d’enregistrer en lieu sûr certains documents : pièce d’identité, carte Vitale, bulletins de salaire, documents bancaires, diplômes, titres de propriété, certificats médicaux ou éléments de preuve.

Pensez aussi aux accès numériques : mots de passe, messagerie, banque, cloud, téléphone, géolocalisation, réseaux sociaux. Dans certaines situations, changer ses mots de passe et désactiver les partages de localisation peut être une vraie mesure de sécurité.

Sécuriser son logement, son argent et ses communications

Préparer un départ, ce n’est pas “trahir” l’autre. C’est se protéger.

Cela peut vouloir dire ouvrir un compte personnel, mettre un peu d’argent de côté, prévenir une personne de confiance, garder une copie des documents importants ou demander conseil à une association.

En cas de violences au sein du couple, le départ du domicile peut être justifié par la situation de violence, et des dispositifs d’hébergement ou d’aide financière peuvent exister.

Prévoir un point de chute

Avant de partir, essayez d’identifier un lieu sûr : famille, amis, hébergement d’urgence, association, hôtel si vous en avez les moyens.

L’objectif n’est pas d’avoir un plan parfait. L’objectif est d’avoir un premier endroit où respirer sans être immédiatement repris dans la discussion, la pression ou la culpabilisation.


Étape 4 : rompre le lien d’emprise

Rompre avec une personne manipulatrice ne ressemble pas toujours à une rupture classique. Le plus difficile n’est pas seulement de partir. C’est de ne pas se laisser réaspirer.

Pourquoi il ne faut pas chercher à convaincre l’autre

On aimerait que l’autre comprenne. Qu’il reconnaisse. Qu’il dise : Oui, je t’ai fait du mal.

Mais dans une relation d’emprise, chercher à convaincre peut devenir un piège. La discussion se transforme en débat sans fin. Vous expliquez, l’autre détourne. Vous pleurez, l’autre vous accuse. Vous posez une limite, l’autre vous fait culpabiliser.

Vous n’avez pas besoin que l’autre valide votre souffrance pour avoir le droit de partir.

Pourquoi les explications interminables ne servent souvent à rien

Plus vous donnez d’explications, plus l’autre peut trouver des prises : contester, promettre, menacer, séduire, culpabiliser.

Une phrase simple peut suffire :
“Cette relation ne me convient plus. J’ai besoin qu’elle s’arrête.”

Vous n’êtes pas obligé ou obligée de fournir un dossier complet pour justifier votre départ.

Le “no contact” ou contact minimal : une protection, pas une punition

Le no contact consiste à couper les échanges autant que possible : messages, appels, réseaux sociaux, rendez-vous inutiles.

Quand il y a des enfants, des biens communs ou des démarches à gérer, le contact minimal peut être plus réaliste : uniquement par écrit, uniquement sur les sujets nécessaires, sans justification émotionnelle.

Ce n’est pas de la cruauté. C’est une protection psychique.


Étape 5 : tenir après la rupture

La rupture ne met pas toujours fin immédiatement à l’emprise. Le lien peut continuer dans la tête, dans le corps, dans les réflexes.

Le manque, la culpabilité et les rechutes émotionnelles

Après la rupture, il peut y avoir du soulagement, puis du manque. De la colère, puis de la nostalgie. Une impression de liberté, puis une envie de revenir.

Ce n’est pas forcément le signe que vous avez fait une erreur. C’est souvent le signe que le lien était devenu très puissant, même s’il était destructeur.

Quand l’autre revient avec des promesses

Il est fréquent qu’une personne manipulatrice revienne au moment où elle sent que l’autre lui échappe : excuses, déclarations, cadeaux, promesses de thérapie, grands discours sur l’amour.

Regardez les actes dans la durée, pas l’intensité du moment.

Une promesse n’efface pas des mois ou des années de peur, d’humiliation ou de confusion.

Pourquoi il faut continuer à se faire accompagner

Après la rupture, l’accompagnement reste important. C’est souvent là que l’on réalise vraiment ce que l’on a vécu.

Un professionnel peut aider à comprendre les mécanismes, à reconstruire l’estime de soi, à repérer les risques de retour dans la relation et à travailler les blessures laissées par l’emprise.


Étape 6 : se reconstruire après l’emprise

Se reconstruire ne veut pas dire oublier. Cela veut dire reprendre possession de soi.

Retrouver confiance en son jugement

Après une relation d’emprise, on peut avoir peur de se tromper à nouveau. On doute de ses perceptions, de ses émotions, de ses choix.

La reconstruction passe par de petites décisions : choisir ce que l’on mange, ce que l’on porte, qui l’on voit, ce que l’on accepte ou non. Chaque choix récupéré est une parcelle d’autonomie retrouvée.

Réapprendre à poser des limites

Une limite n’est pas une attaque. C’est une information.

Je ne veux pas.
Je ne suis pas disponible.
Je ne souhaite pas continuer cette conversation.
Ce comportement ne me convient pas.

Au début, poser une limite peut faire peur. Mais dans une relation saine, une limite n’entraîne pas une punition.

Se reconnecter à ses besoins

L’emprise apprend souvent à se couper de soi pour surveiller l’autre.

Après, il faut réapprendre à se demander :
De quoi ai-je besoin ?
Qu’est-ce qui me fait du bien ?
Qui me sécurise ?
Quels projets me redonnent de l’élan ?

Ce retour à soi peut être lent. Mais il est essentiel.

Comprendre son profil d’attachement

La théorie de l’attachement peut aider à comprendre pourquoi certaines relations deviennent si difficiles à quitter.
Découvrir et comprendre son propre profil d’attachement peut éviter de retomber dans un lien toxique à l’avenir.
On distingue souvent l’attachement sécure, plutôt stable, à trois types d’attachements plus complexes :

L’attachement anxieux se manifeste par une peur forte de l’abandon. La personne a besoin d’être rassurée, peut beaucoup ruminer, attendre un message, chercher des preuves d’amour ou paniquer quand l’autre prend de la distance.
L’attachement évitant fonctionne plutôt à l’inverse : la personne protège son autonomie, garde ses distances, minimise ses besoins affectifs et peut fuir l’intimité quand la relation devient trop intense.
L’attachement désorganisé mélange souvent les deux : un besoin très fort de lien, mais aussi une peur de ce lien. La personne peut vouloir se rapprocher, puis se sentir en danger, se fermer, paniquer ou se perdre dans des réactions contradictoires.

L’attachement désorganisé mélange souvent les deux : un besoin très fort de lien, mais aussi une peur de ce lien. La personne peut vouloir se rapprocher, puis se sentir en danger, se fermer, paniquer ou se perdre dans des réactions contradictoires.

Dans une relation d’emprise, ces profils peuvent être fortement activés. Une personne à l’attachement anxieux ou désorganisé peut rester accrochée à l’espoir que l’autre redevienne aimant, tandis qu’une personne évitante peut minimiser longtemps la violence vécue. Ce

Transformer cette expérience sans la romantiser

On peut tirer des apprentissages d’une relation toxique : mieux connaître ses limites, repérer certains signaux, comprendre ses vulnérabilités, se rapprocher de soi.

Mais il n’est pas nécessaire de remercier la violence pour ce qu’elle nous a appris. On peut se reconstruire sans minimiser ce qu’on a traversé.


Ressources utiles

Numéros d’urgence

En cas de danger immédiat : 17, 112 ou 114 par SMS. Ces numéros sont gratuits et accessibles même depuis un téléphone bloqué ou sans crédit.

Pour une écoute spécialisée sur les violences faites aux femmes : 3919, gratuit, anonyme, disponible 24h/24 et 7j/7. Ce n’est pas un numéro d’urgence.

Pour l’aide aux victimes : 116 006, gratuit, tous les jours de 9h à 20h.

Associations et aides aux victimes

Vous pouvez contacter une association spécialisée, un CIDFF, France Victimes, une assistante sociale, un médecin, une avocate ou un psychologue. Des associations existent sur tout le territoire pour écouter, conseiller et accompagner les victimes ou les proches.

Thérapies et accompagnements possibles

Après une relation d’emprise, plusieurs accompagnements peuvent aider : psychothérapie, TCC, EMDR en cas de symptômes traumatiques, groupes de parole, accompagnement associatif, suivi médical si l’anxiété, le sommeil ou l’épuisement deviennent trop importants.

L’essentiel est de ne pas rester seul ou seule avec cette histoire. L’emprise isole. La reconstruction commence souvent quand on retrouve des appuis fiables.

Quitter une relation d’emprise ne commence donc pas toujours par une grande certitude. Parfois, cela commence par une phrase beaucoup plus simple :

Pour Conclure

“Je ne sais pas encore tout expliquer, mais je sais que cette relation me détruit.”

Et cette phrase suffit déjà à ouvrir une porte.

Tu peux aussi trouver plus d’infos, de ressources et d’outils sur le Haut Potentiel dans le livre témoignage de Mel POINAS. Avec beaucoup d’humour, Mel raconte la découverte de son Haut Potentiel et les routines qu’elle a mis en place pour enfin trouver sa place !

Le livre

Écrit par une HPI !
Un témoignage et des solutions concrètes pour découvrir, comprendre et apprendre à vivre en étant HPI.

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