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LE BLOG DE MEL POINAS

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Découvrez le témoignage de Jeanne, jeune zèbre adulte

Nouveau témoignage de Zèbre !

Un immense merci à Jeanne pour sa confiance et son témoignage dans Suivez le Zèbre.

 

Quand j’ai découvert que j’étais zèbre

J’ai été découverte zèbre petite, très petite. D’abord parce que mon grand-frère l’est, et mon petit aussi. Mes parents aussi, très manifestement, parce qu’ils se sont renseignés sur la question et nous y ont reconnus. Ensuite parce que j’ai été testée dès la maternelle pour un premier saut de classe. Et pourtant, cette conscience, ce cadre compréhensif qui m’a été offert ne m’a pas évité toute une lourde remise en question et une enfance toujours un peu insatisfaisante.

Mon Parcours

Tout est toujours allé trop lentement pour moi, alors j’ai essayé d’accélérer le rythme, j’ai sauté deux classes, je suis allée en prépa lettres après une S pour le défi de rattraper les autres (et ensuite en master de droit, mais là parce que ça m’intéressait) ; j’ai tout misé sur ce « haut potentiel » qu’on me reconnaissait et qui n’était pour moi qu’intellectuel.

Mais plus j’avançais, plus je me sentais seule, dépossédée, je n’avais pas, mais alors pas du tout confiance en ce que je faisais, et encore moins en ce que j’étais. En réalité, j’avais voulu aller trop vite et j’avais négligé cette partie de moi un peu tumultueuse : les émotions.

La prise de conscience de mes émotions

Chassez le naturel, il revient au galop. Eh bien je peux vous dire que je me suis pris de sacrées ruades d’émotions en pleine figure. En grandissant, alors que je tentais de les maîtriser et de les étouffer, elles ressortaient plus fortes, plus violentes, plus dévastatrices. Sans parvenir à les comprendre, parce que trop pleines de sens, je les laissais me submerger. Autant vous dire que j’en ai passé des nuits à pleurer sans comprendre ce qui m’arrivait, à me sentir envahie d’une colère dévorante pour un pull commandé à la mauvaise taille, à me retrouver pleine d’euphorie pour une parole sympathique de mon crush.

Tout pouvait m’envoyer d’un monde à l’autre.

 

La dépression, mon déclencheur

Finalement, ce qui m’a permis de remettre un peu de l’ordre en moi, ça été une dépression. Pas une grosse, mais une assez radicale qui commençait à m’entraîner dans un cercle vicieux de dépréciation de moi-même. Je suis rentrée chez moi et dans la bibliothèque, j’ai trouvé un livre sur les enfants surdoués. Je l’ai dévoré en une nuit et je me suis rendue compte que « ce n’était que moi ».

L’hypersensibilité, les valeurs fortes, le manque de confiance. C’est comme si tout un puzzle se résolvait dans ma tête. C’était un peu comme une partie de moi-même retrouvée, une sorte « d’excuse » à toute cette force émotionnelle dont je me sentais coupable et que j’avais voulu mater.

Evidemment, je ne l’ai pas apprivoisé immédiatement, et d’ailleurs elle me mène toujours un peu par le bout du nez de temps à autre (surtout quand je tente d’analyser mes émotions au lieu de les ressentir, là je peux vous garantir que ça m’entraîne dans un univers fictif doté d’une apparence de réel, je n’y vois que du feu et je déchante toujours quand je redescends sur terre). Mais j’apprends peu à peu à comprendre mes mécanismes, à décortiquer ces moments où je perds pied pour reprendre du poil de la bête, à écouter ce que j’aime plutôt que de le déterminer (sentir et non réfléchir)

Mes relations aux autres

Là où c’est toujours compliqué par contre, c’est dans mes relations avec les autres, surtout quand ces personnes sont nouvelles. Parfois j’évolue tellement dans mon monde, à ma vitesse (vous entendez le mur du son qui explose ?), avec ma logique, que j’oublie que la personne en face n’a pas toutes ces clefs de compréhension, et qu’il peut en ressortir des malentendus, voire des malaises quand la compréhension est rompue.

Par exemple, certaines choses ont une valeur immense pour moi, comme la confiance et le respect, et j’ai tendance à les tenir pour acquises dans mes relations (je vous autorise à me qualifier de naïve) si bien que je les applique strictement.

Mais comme tout bon zèbre qui se respecte, mon exigence envers moi a tendance à déteindre envers les autres : j’attends alors de l’autre cette même droiture. Mon investissement, rapide et très abouti, peut sembler déroutant mais en général est apprécié (je crois) ; le risque cependant et que si jamais la confiance venait à être rompue, alors c’est extrêmement dur pour moi car je me sens trahie.

Blessée, affaiblie, je suis tentée de faire table rase de cette relation qui m’a déçue et dans laquelle je perd toute envie de m’investir. Car lorsque je réagis aussi fort (parfois pour des broutilles), il est fastidieux de remonter l’ensemble des facteurs qui expliquent cette réaction et de les porter à connaissance d’autrui ; non seulement parce que cela prend du temps de comprendre l’enchevêtrement de valeurs bafouées et d’attentes trompées, mais aussi parce qu’il paraît vain d’en présenter le cheminement car sa pleine compréhension nécessiterait une approche plus globale de ma personne (et de ma zébritude).

L’effet miroir des autres témoignages de zèbres

Le fait de lire des livres, des témoignages, des articles sur nous m’aide à garder confiance et surtout à accepter ce mode de perception et d’appréhension un peu particulier. Le fait de se dire « mais c’est vrai, mon exigence, la force de mes valeurs, c’est aussi parce que je suis zèbre » m’aide à m’ôter une culpabilité.

Je ne sais pas si tout zèbre a la possibilité de comprendre un de ses semblables instinctivement (car je crois que nous avons tous notre logique un peu (trop) personnelle), mais ce qui est sûr, c’est que nous nous construisons autour d’un canevas commun et que grâce à lui, nous nous reconnaissons.

C’est toujours rassurant de ne pas être la seule à me sentir seule, bizarre et incompréhensible !

Conclusion, zèbre finalement c’est ?

Si je devais conclure, eh bien je ne le ferais pas. Parce que mon témoignage est celui d’un début de vie (je n’ai que 21 ans) et que je ne peux conclure sur ce qui commence seulement.

Ce que je peux affirmer cependant, c’est que s’accepter et prendre le temps (oui, j’ai bien dit prendre le temps, donc ne pas foncer) de se connaître est essentiel pour ne pas finir par devenir son meilleur persécuteur.

Par contre je ne vous donnerai aucun conseil sur les relations avec les autres car c’est encore une grande galère pour moi !

Chaque chose en son temps 😉

Témoignage de Jeanne, 21 ans,
Lectrice de Suivez le Zèbre
11/02/2021

Merci beaucoup Jeanne pour ce superbe témoigne, très mature et tellement bien écrit ! Sincèrement Merci d’avoir participé à l’aventure Suivez le Zèbre. Merci pour ce magnifique récit. Mel

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Écrivez-moi votre aventure à contact@suivezlezebre.com

Tu peux aller plus loin dans ta compréhension avec le livre Suivez le Zèbre, l'histoire de Mel Poinas, la fondatrice du blog.

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