être identifié HPI Surdoué ou Zèbre

Comment peut-on être HPI et avoir un TDAH ?

HPI et TDAH : comment peut-on être à la fois haut potentiel et en difficulté d’attention ? Réponse avec les neurosciences !

Eclairez ma lanterne, Monseigneur !

Le point sur notre cerveau

On imagine souvent le HPI comme un cerveau “plus rapide”, “plus performant”, “mieux connecté”. À l’inverse, on décrit souvent le TDAH comme un cerveau “désorganisé”, “distrait”, “mal régulé”.

Un cerveau HPI et TDAH ?

Comment une personne peut-elle comprendre très vite, faire des liens complexes, raisonner avec finesse… tout en ayant du mal à commencer une tâche, tenir son attention, gérer son temps, ranger ses papiers, répondre à ses mails ou finir un projet ?

À première vue, cela semble contradictoire.

En réalité, ça ne l’est pas.

Parce que le HPI et le TDAH ne concernent pas exactement les mêmes dimensions du fonctionnement cérébral.

HPI et TDAH : deux réalités différentes, qui peuvent coexister

Le HPI, ou haut potentiel intellectuel, désigne généralement des performances très élevées à un test standardisé d’intelligence, souvent situé autour d’un QI égal ou supérieur à 130. Il s’agit donc d’une mesure cognitive, comparée à une population du même âge, dans un contexte donné.

Le TDAH, lui, est un trouble du neurodéveloppement. Il concerne principalement la régulation de l’attention, de l’impulsivité, de l’activité motrice, de la motivation et des fonctions exécutives. Les recherches associent notamment le TDAH à des différences dans certains circuits cérébraux impliqués dans le contrôle attentionnel, l’inhibition, la récompense et la régulation de l’effort.

Autrement dit :

Le HPI répond plutôt à la question :

Quelle complexité cognitive cette personne peut-elle comprendre, manipuler ou résoudre ?

Le TDAH répond plutôt à la question :

Cette personne parvient-elle à mobiliser ses ressources au bon moment, de manière stable, organisée et volontaire ?

Et c’est précisément là que se trouve le cœur du double profil HPI-TDAH.

Une personne peut avoir une grande capacité de raisonnement, mais une difficulté à piloter cette capacité au quotidien.

Le HPI n’est pas “un cerveau meilleur partout”

Une première erreur consiste à croire que le HPI correspondrait à un cerveau globalement supérieur, plus rapide ou plus efficace dans tous les domaines.

Ce n’est pas ce que disent les neurosciences.

Les recherches sur l’intelligence suggèrent plutôt qu’elle est associée à l’efficacité de certains réseaux cérébraux distribués, notamment entre des régions frontales et pariétales. C’est ce que propose notamment la théorie dite P-FIT, ou Parieto-Frontal Integration Theory, qui met en avant l’importance de la communication entre plusieurs régions cérébrales dans les tâches de raisonnement et d’intelligence.

Mais cela ne veut pas dire que tout fonctionne mieux partout. C’est plutôt un profil de hautes performances dans certaines dimensions cognitives.

Le TDAH n’est pas un manque d’intelligence

À l’inverse, une autre erreur consiste à croire que le TDAH serait incompatible avec l’intelligence élevée.

Le TDAH n’est pas un manque d’intelligence.
Ce n’est pas un manque de volonté.
Ce n’est pas une incapacité à comprendre.

C’est un trouble de la régulation.

Dans le TDAH, les difficultés touchent souvent les fonctions exécutives : démarrer une tâche, rester concentré, inhiber une réponse impulsive, prioriser, planifier, maintenir l’effort, gérer le temps, passer d’une tâche à une autre, terminer ce qui a été commencé.

Ces fonctions dépendent notamment de circuits impliquant le cortex préfrontal, les réseaux attentionnels, les circuits de la récompense, ainsi que des neurotransmetteurs comme la dopamine et la noradrénaline. Ces deux neurotransmetteurs jouent un rôle important dans l’attention, la motivation, l’alerte cognitive et les fonctions exécutives.

C’est pour cela qu’une personne avec TDAH peut être brillante dans certains contextes et complètement en difficulté dans d’autres.

Elle peut être capable de produire une analyse complexe en vingt minutes sur un sujet qui la passionne, mais incapable de répondre à un courrier administratif simple depuis trois semaines.

Ce n’est pas une contradiction.

C’est le signe que ses capacités cognitives et sa capacité de régulation ne fonctionnent pas au même niveau.

HPI + TDAH : un cerveau puissant, mais difficile à piloter

Une image simple permet de comprendre le double profil HPI-TDAH :

Le HPI peut donner une grande puissance de traitement.
Le TDAH peut rendre le pilotage de cette puissance instable.

Ce n’est pas que la personne “ne peut pas”.
C’est qu’elle ne peut pas toujours quand elle veut, comme elle veut, au rythme attendu, dans le cadre imposé.

HPI et neurosciences

En neurosciences, l’hypothèse la plus solide n’est pas :
“les HPI ont un cerveau qui va juste plus vite”,
mais plutôt :
“certaines informations circulent et s’intègrent plus efficacement dans certains réseaux cérébraux.”

Le modèle principal : les réseaux fronto-pariétaux

Une théorie importante s’appelle la P-FIT, pour Parieto-Frontal Integration Theory. Elle propose que l’intelligence générale repose notamment sur l’intégration entre plusieurs régions du cerveau : cortex pariétal, cortex frontal, certaines zones temporales, cingulaires et occipitales. Ce n’est donc pas “une zone de l’intelligence”, mais un réseau distribué.

En très simplifié :

Le cortex pariétal aide à manipuler l’information, les relations spatiales, les quantités, les représentations abstraites.

Le cortex préfrontal aide à raisonner, tester des hypothèses, inhiber les mauvaises réponses, planifier, maintenir un objectif mental.

Le cingulaire antérieur participe à la détection des erreurs, des conflits cognitifs, de l’effort mental à fournir.

Les connexions de substance blanche permettent à ces régions de communiquer efficacement entre elles.

L’hypothèse de l’efficacité neuronale

Il existe aussi une hypothèse dite de l’efficacité neuronale : les personnes avec haut niveau de performance cognitive n’activent pas forcément “plus” leur cerveau, mais parfois moins, mieux, ou plus sélectivement, surtout sur des tâches modérément difficiles.

Et la myéline ?

La myéline intervient dans la vitesse et la qualité de conduction de l’influx nerveux. Elle fait partie de la substance blanche. Elle peut donc participer à l’efficacité du traitement de l’information.

La myéline, la densité de certaines connexions, l’efficacité des réseaux, la plasticité cérébrale, les facteurs génétiques, l’environnement, les apprentissages et le développement jouent probablement ensemble.

Le HPI n’est donc pas seulement une “vitesse de câblage”. C’est plutôt une organisation performante de certains systèmes cognitifs.

2. Le fonctionnement TDAH en neurosciences

Le TDAH, lui, n’est pas un trouble de l’intelligence. C’est un trouble de la régulation attentionnelle, motivationnelle, exécutive et parfois émotionnelle.

En neurosciences, le TDAH implique surtout des différences dans plusieurs grands réseaux.

Le réseau exécutif fronto-pariétal

Ce réseau sert à maintenir un objectif, organiser l’action, planifier, prioriser, contrôler l’attention, inhiber une réponse impulsive.

Dans le TDAH, ce réseau peut être moins stablement mobilisé. Des méta-analyses montrent notamment des différences d’activation dans les systèmes fronto-pariétaux chez les personnes TDAH, en particulier dans les tâches qui demandent du contrôle cognitif.

C’est ce qui donne :

“Je sais ce que je dois faire, mais je n’arrive pas à m’y mettre.”
“Je comprends, mais je ne tiens pas l’effort.”
“Je commence, puis je pars ailleurs.”
“Je peux être brillante dans l’urgence, mais incapable de régularité.”

Le problème n’est pas la compréhension.
C’est le pilotage de l’action.

Le réseau du mode par défaut : DMN

Le Default Mode Network, ou réseau du mode par défaut, est actif quand l’esprit vagabonde, pense à soi, rumine, imagine, se projette dans le passé ou le futur.

Normalement, quand on se met sur une tâche externe, ce réseau doit diminuer son activité pour laisser la place aux réseaux attentionnels.

Dans le TDAH, une hypothèse très étudiée est celle d’une mauvaise synchronisation entre le DMN et les réseaux de tâche. Le DMN peut rester trop intrusif pendant l’effort cognitif, ce qui crée des fluctuations attentionnelles, des décrochages, de la rêverie, de la dispersion mentale.

En clair :

Le cerveau devrait passer en mode “tâche”, mais le mode “pensées internes / associations / vagabondage” continue à s’inviter.

Cela peut expliquer pourquoi la personne TDAH peut être physiquement présente, mais mentalement partie ailleurs.

Le réseau de la saillance

Le réseau de la saillance sert à détecter ce qui est important : nouveauté, émotion, urgence, menace, intérêt, récompense.

Il aide aussi à basculer entre le mode interne — rêverie, pensées personnelles — et le mode externe — attention à la tâche.

Dans le TDAH, ce système peut être moins efficace pour sélectionner ce qui mérite vraiment l’attention. Résultat : le cerveau peut être attiré par ce qui est nouveau, urgent, émotionnel ou stimulant, plutôt que par ce qui est objectivement prioritaire.

C’est pour ça que le TDAH n’est pas une absence d’attention.

C’est plutôt :

une difficulté à diriger volontairement l’attention vers la bonne cible, au bon moment, avec la bonne intensité.

Les circuits de la récompense

Le TDAH implique aussi les circuits de la motivation et de la récompense, notamment des circuits dopaminergiques entre le cortex préfrontal, le striatum, le noyau accumbens et d’autres régions.

La dopamine n’est pas “la molécule du plaisir” seulement. Elle joue un rôle dans :

l’anticipation de la récompense,
la motivation,
la mise en mouvement,
l’effort,
l’apprentissage par renforcement,
l’intérêt,
le sentiment que ça vaut le coup de commencer maintenant.

Dans le TDAH, on parle souvent d’une difficulté à mobiliser l’effort quand la récompense est lointaine, abstraite ou peu stimulante. Les psychostimulants utilisés dans le TDAH agissent notamment sur la dopamine et la noradrénaline, et peuvent améliorer l’activation des réseaux liés à la tâche tout en réduisant l’intrusion du mode par défaut.

Donc ce n’est pas simplement :

“il manque de dopamine.”

C’est plutôt :

“les circuits dopamine/noradrénaline régulent moins efficacement l’attention, la motivation, l’effort et l’inhibition selon le contexte.”

Le paradoxe neurocognitif du HPI-TDAH

Le paradoxe, c’est :

la complexité stimule le HPI,
mais elle peut saturer les fonctions exécutives du TDAH.

Une personne HPI voit beaucoup de paramètres. Elle pense en arborescence. Elle repère les nuances, les exceptions, les implications.

Mais une personne TDAH a souvent du mal à filtrer, prioriser, séquencer.

Donc le HPI peut produire beaucoup d’information interne, et le TDAH peut rendre difficile le tri de cette information.

Ce qui donne :

“J’ai mille idées, mais je ne sais pas par laquelle commencer.”
“Je comprends trop de choses en même temps.”
“Je vois tout le système, donc la première étape me paraît absurde ou trop petite.”
“Je peux faire un raisonnement complexe, mais pas envoyer le mail qui va avec.”

Neuroscientifiquement, on pourrait dire :

haut niveau d’intégration cognitive + régulation exécutive instable = pensée puissante mais pilotage irrégulier.

Pour conclure :

Le HPI peut permettre de comprendre vite, de faire des liens complexes, de raisonner avec finesse et de traiter beaucoup d’informations. Le TDAH, lui, peut rendre plus difficile la régulation de l’attention, de la motivation, de l’impulsivité et du passage à l’action.

Autrement dit, une personne HPI-TDAH peut avoir une grande puissance de compréhension, mais un accès irrégulier à ses propres ressources.

Tu peux aussi trouver plus d’infos, de ressources et d’outils sur le Haut Potentiel dans le livre témoignage de Mel POINAS. Avec beaucoup d’humour, Mel raconte la découverte de son Haut Potentiel (et depuis de son TDAH) et les routines qu’elle a mis en place pour enfin trouver sa place !

Le livre

Écrit par une HPI !
Un témoignage et des solutions concrètes pour découvrir, comprendre et apprendre à vivre en étant HPI.

Pour aller plus loin, lire aussi

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  1. Bonjour et merci pour votre site !
    Diagnostiquée avec des rayures également il y a 2 ans (j’ai 28 aujourd’hui), je vis actuellement les mises à jour de ma vie pour effacer les fausses croyances limitantes, voire invalidantes ! A nous, petits zèbres, de vivre heureux et en harmonie avec nous mêmes en dépit du décalage !
    Et je m’interroge sur un détail : quel tatouage avez vous choisi de faire ? Enfin peut être est-ce trop personnel ?
    Belle continuation à vous !

    1. Bonjour Laura !
      Merci pour votre commentaire.
      Mon tatouage est une rose des vents, je ne me souviens même plus où j’en ai parlé dans le blog. 😉
      A bientôt,
      Mél

  2. Bonjour, Je suis en train de lire le livre de Jeanne Siaud « l’adulte surdoué » et je prend le temps de regarder aussi sur internet. Mon fils est un zèbre, mais je découvre que moi aussi. Je me suis toujours sentie différente et seule. J’ai fait aider mon fils par une psy spécialisée dans ce domaine. Mais pour moi, à 55 ans, je voudrais juste trouver des personnes comme moi pour parler de temps en temps. Juste faire partie d’une « famille ». A bientôt. Joëlle

  3. Bonjour,
    Je suis dans la même situation , je viens juste de me « découvrir » zèbre, alors que j’ai 67 ans….. je me sentais differente et pas a ma place, J’ai deployee beaucoup d’effort pour être intègree dans un groupe et finalement me sentir mal a l’aise. car je suis constamment en train de faire des liens, de réfléchir aux sens des paroles etc……bref, jamais au moment présent!
    Marie

  4. Bonjour,

    Je tombée sur ton blog parce que je me pose des questions justement… Il y a quelques temps j’ai compris que j’étais hypersensible. Petite je n’arrivais absolument pas à maîtriser mes émotions, mais les joies de l’adolescence obligent (Tu sens le sarcasme 😅), j’ai appris à ne plus laisser transparaître ou presque.
    J’ai regardé quelques vidéos et lu des articles sur l’hypersensibilité et parfois on y parlait aussi de haut-potentiel et de zèbre, ce qui est encore autre chose. Puis hier soir je suis tombée sur une autre vidéo où on citait des caractéristiques du zèbre. J’ai dû m’y reconnaître à peu près à 99,9%.
    Mais vraiment. Je ne pense pas être surdouée, j’ai toujours travaillé, avec certainement quelques facilités oui, mais j’ai souvent vu aussi bien meilleur que moi. Puis la confiance en soi ce n’est pas trop le délire de la maison non plus. Le seul test de QI que j’ai fait sur internet m’a donné un résultat comme ton père, dans les gens «  » »normaux » » » (J’ai bien mis 3 paires de guillemets) mais au dessus de la moyenne.
    Bref. Avec tout ça je ne sais pas où ça m’avance. Je ne sais pas si je veux savoir quoique ce soit. Je ne pense pas avoir un « haut potentiel » ni être surdouée, mais les caractéristiques me perturbent. Je vais aller lire les tiennes pour commencer. 😉
    Sinon merci pour l’article !

    1. Merci Popo ! La plupart du temps on imagine pas du tout qu’on puisse être haut potentiel !
      Puis y a un truc qui nous fait « tiquer », puis une deuième puis un troisième, des rencontres, des échanges…
      Pour les tests, je déconseille souvent les tests sur internet, parce qu’au final on sait jamais trop d’où ça vient ^^ mais plutôt de rencontrer des psys spécialisés dans la douance. Ils ont l’habitude de nos profils et détectent assez rapidement si ça peut-être intéressant de passer le WAIS IV.
      A bientôt et Merci à toi d’être passée par là 😉

  5. Bonjour Mél,

    J’ai découvert avant hier soir que j’étais zèbre, j’en ai pleuré (je suis un homme de 32 ans, Thomas divorcé 3 enfants).
    En te lisant, rebelote … Il y a des similitudes avec la mienne de vie, ma mère « hyper » sensible, mon père plus intelligent que la moyenne.
    A l’âge de 7ans, comme je ne faisais plus rien en CE1, alors qu’au cp j’étais premiers de la classe, l’école a proposer a mes parents de voir le psychologue de l’école pour moi. Suite à cela ils m’ont fait faire une test de QI, et 147 est tombé. Mes parents étaient jeunes et la psychologue de l’école leur a dis, que j’étais un enfant très intelligent mais pas plus lol.
    Ça m’a toucher de te lire. J’aurai vraiment apprécié, discuter avec toi, en savoir plus…
    A bientôt Mél
    Prends soin de toi.

  6. Bonjour,
    Voici mon histoire pour ceux que ça peut intéresser. 🙂
    J’ai été diagnostiquée à 7 ans, mais à l’époque, c’était plutôt tabou. Mes parents avaient peur de recevoir des critiques sous prétexte de mettre leur enfant en avant. Donc ni eux, ni moi n’en parlions avec les autres ou entre nous. Alors j’ai continué à « me fondre dans la masse », à m’adapter aux autres. D’ailleurs, on ne m’avait pas expliqué ce qu’était la douance. Je pensais juste avoir de la facilité à apprendre et à comprendre les choses, « grâce à un QI plus élevé que la moyenne » m’avait-on dit. C’est seulement il y a six mois, à 28 ans, par hasard, qu’une copine que je n’avais plus vue depuis longtemps m’a dit en m’observant: « Tu es hypersensible n’est-ce pas? Comme moi. Certains le sont parce qu’ils sont surdoués, mais moi je suis juste hypersensible. » Et BAM ! Ça a été comme un déclic ! J’avais oublié tout ce temps que j’étais surdouée… et apparemment il y aurait un lien avec la sensibilité, ah bon… ? En faisant des recherches sur internet et en lisant le livre «  Trop intelligent pour être heureux ? », j’ai réalisé que le QI n’était qu’une partie de la douance et qu’il y avait toutes ces autres caractéristiques dans lesquelles je me reconnaissais à 100% ! Wow, une vraie révélation ! D’abord une excitation, un soulagement, puis de la colère. Pourquoi ne pouvais-je pas être « normale », comme les autres ? Pourquoi dois-je supporter toute la souffrance que cette différence apporte ? En effet, l’année 2018 a été émotionnellement très rude. Je ne me suis jamais sentie aussi mal (sans même savoir pourquoi), ni aussi seule et incomprise (bien qu’entourée). Actuellement, je tente de comprendre pourquoi je me sens autant mal dans ma vie, alors que vu de l’extérieur on pourrait croire que j’ai tout (famille, amis, petit copain, travail,…) et tout réussi brillamment. Quelle est ma place dans ce monde ? A quoi suis-je utile finalement ? Pourquoi je n’arrive pas à être épanouie ni à aimer comme les autres ? Comment être authentique sans être blessée par les remarques des gens ? Bref, j’en suis là de mes réflexions.
    Je viens de découvrir ce site et t’en remercie, Mél, car il me donne de l’espoir. Je me dis que moi aussi j’arriverai à trouver ma voie et à être épanouie. Merci !

  7. J’ai adorée ton article merci beaucoup il ma vraiment aidé à comprendre et à me faire voir tout les bon coté de la vie à être un zèbre. J’ai 14 ans et je sais que je suis un zèbre depuis que j’ai 4 ans, mais j’ai jamais été à l’aise avec ça et j’ai énormément de misère à accepter ceux qui me félicitent sans que j’aille fournis d’effort même si techniquement c’était supposé être difficile ce que je devais faire. Merci encore!

  8. Bonjour. Puis je oser un clin d’oeil? de zèbre…

    Naissance ?

    Blanches, noires… soixante-quatre cases…
    Ai je ma place en ce formatage étroit ?
    Dans ces luttes de pouvoir 
    Ai je omis les forces de chacun
    Pour recevoir les faiblesses de tous ?
    Ai je ma place sur l’échiquier de ce monde?

    Et vous ?

    Le pion destiné à l’abattoir ? Et qui se tait…
    L’insaisissable et sûr cavalier ? Incapable de trouver son pas
    La majestueuse tour ? Tant, qu’en ses déplacement elle se trouve limitée.
    Le fou ? Cet atypique imprévisible et craint ?
    La reine ? Courant sans cesse, car sans roi elle ne le sera plus.
    Reste ce dernier, lui le premier, traqué par tous…

    Non, rien ne me plaît en ce monde là.
    Ses rôles attribués, ses cases et barrières
    Ses luttes intestines ou affichées
    Non, rien !

    Libertés, différences, à mon secours je vous en prie volez, vite.
    Cherchez, creusez, trouvez…

    Et vous, vous reconnaissez vous là ?

    Les incantations parfois ne sont pas vaines…
    Un jour le fou noir s’approchât du cavalier blanc
    En langage commun ils n’avaient que deux couleurs
    Qui dit on n’en sont pas…

    C’est pourtant de cette improbabilité
    Qu’ils décidèrent de faire œuvre.

    Ainsi naquit le zèbre
    Cette alliance non conventionnelle d’opposées.

    Dussé- je en rester pour toujours à la marge…
    Oui, faire le zèbre restera mon choix…

    D’avoir tout compris,
    De mes cendres…
    Puis je enfin renaître ?

    Oui !

    Et vous ?

  9. Bonjour Mel,
    Je viens de découvrir également que j’étais zébrée il y a quelques jours ..;Timbrée , je le savais déjà mais zébrée jamais …
    Je m’occupe d’enfants déficients mentaux depuis quelques années avec une faculté d’adaptation et une empathie très particulières .Ses prédispositions me laissaient presque présager que mon QI devait se rapprocher du leur . J’avais également enseigné en milieu ordinaire et décelé de nombreux élèves HP avec qui j’avais des affinités particulières .Mais c’est une personne dans mon entourage qui m’a poussé à passer le test et qui a confirmé mes rayures .
    je ne sais pas trop quoi en faire et j’ai du mal à y croire ..
    Merci pour vos témoignages et belles fêtes de fin d’année à tous
    Emmanuelle

  10. Hello 🙂 comme tous les commentaires ici, je mets tout juste un mot sur tout. J’ai 30 ans. Et permis les incessantes questions existentielles qui régissent ma vie, tout d’un coup et de manière très surprenante çà fait un bien fou de pouvoir se mettre dans une case. C’est une réponse simple comme bonjour, elle était sous les yeux tout au long mais les conversations et les remarques et les questions du type « pourquoi je ressens les choses comme ça et les autres non » ont enfin une réponse.
    Je lis aussi « trop intelligent pour être heureux » après avoir lu « je pense trop » et j’ai voulu approfondir les recherches car comme toi (et contrairement à ce que dit le livre) j’ai été une très bonne élève bien dans les rangs qui adorait prendre les cahiers de vacances de deux années plus tard, j’ai cette intelligence scolaire aussi qui va un peu à l’encontre de tout le reste, donc ma question était peut on avoir les deux et il semble que oui, l’effervescence et la suranalyse permet peut être une certaine adaptabilité à l’environnement. En tout cas, j’ai l’impression de quitter l’apnée dans laquelle j’ai été toute ma vie et j’apprends à ne plus culpabiliser de penser comme je pense, de connecter comme je connecte de ressentir comme je ressens, c’est une clé énorme en plus de tous les outils de développement personnel, car effectivement le développement personnel c’est génial, mais si on part pas sur les bonnes bases, c’est à dire sur qui l’on est vraiment, c’est un peu à perte!
    En tout cas continue ton blog c’est super 🙂

  11. cocotte zèbre

    Hello je crois que je suis en train de faire le même chemin de découverte des rayures….j’aimerais bien en parler car je bouillonne à l’intérieur et j’ai peur d’exploser…et reconversion dans l’enseignement sup aussi!
    A+

  12. Je viens de lire cette article, j’ai vu que vous citiez Sense8.
    Je suis HP et j’adore Sense8 je pense que cette série parle de douance j’ai écris cela il y a quelques années si ça vous intéresse :
    Nous souhaitons brièvement vous faire part d’une réflexion sur la série
    Sense 8 des sœurs Wachowski, ou plus précisément une analyse sur le lien
    entre la série Sense 8 et le fonctionnement des personnes dites à Haut
    Potentiel Intellectuel (HPI).

    Cette série se construit autour de la croyance qu’il y aurait des personnes
    dites « sensitives ». Leur fonctionnement serait atypique. En effet, ils
    auraient le pouvoir de ressentir les choses avec une très forte intensité
    et une finesse impressionnante. Il s’agirait en quelque sorte d’empathes !
    Ces empathes sont interconnectés. Au départ, ils n’en n’ont pas conscience.
    Ils font partis du même « cercle », c’est-à-dire d’un groupe de personnes
    identiques et qui seraient nées le même jour (le 8 août).
    Aussi, ces personnes sont liées indépendamment de leur volonté, et attirées
    mutuellement tels des aimants et ce tant sur des aspects émotionnels
    qu’intellectuels. Le cercle sense 8 est né d’une « mère », Angelica qui les
    aurait fait renaitre en quelque sorte.
    Les adultes à HPI ont un fonctionnement dit « atypique » qui ressemble
    étrangement à celui des fameux « sensitifs » de la série ; en voici
    quelques exemples :

    1. Leur grande capacité d’empathie.

    Le sensitif est un empathe au sein de son cercle. Il ressent les émotions
    des autres, il les partage, il les vie comme si elles étaient les siennes.
    Il peut même communiquer directement avec les autres sensitifs – dépassant
    par la même la barrière de la langue.
    Quant au surdoué (ou HPI) il est décrit par les psychologues comme une
    personne qui ayant une sensibilité accrue aux émotions des autres. Il se
    met affectivement à la place l’autre et de ce fait, le comprend. En
    réalité, il réagit autant aux excitations internes (lui) qu’externes
    (l’autre). En effet, il a une sensorialité toute particulière, une vraie
    sentinelle !

    2. Leurs émotions fortes et leur sensorialité importante.

    Capheus, Nomi, Riley, Lito, Sun, Will, Kala et Wolfgang, tous semblent
    avoir une émotion qui prime dans leur personnalité : Sun et sa colère,
    Capheus incarnerait la joie, Riley la mélancolie, comme les parties d’un
    tout. Le HPI peut être en difficulté pour gérer ses émotions qu’il ressent
    de façon vive et intense, ce qui lui vaut souvent la qualification d’hyper
    sensible.
    Dans la série, les émotions des uns et des autres se cumulent et de ce fait
    sont débordantes.

    3. Leur sentiment de décalage par rapport aux autres.

    Tous les personnages de la série se sentent différents de la « norme ».
    Lito n’assume pas son homosexualité, sensible aux injonctions de la société
    et de la culture mexicaine. Will n’est pas un flic comme les autres, il est
    plus empathique, plus sensible ce qui l’amène à faire des choix qui vont à
    l’encontre des attendus (il sauve un jeune d’un gang quand les autres
    l’auraient laisser mourir), Riley, qui s’isole, vit la nuit et cherche à fuir les autres. Kala qui ne comprend pas, alors que toutes rêves d’épouser
    Rajha pourquoi elle, n’est pas si enthousiaste. L’adulte HP qui n’a pas
    encore été identifié ressent souvent un décalage inexpliqué par rapport à
    la norme. Il n’a pas les mêmes centres d’intérêts, il a une pensée dite
    « divergente » qui peut l’amener à se sentir « décalé », « bête » et
    renvoyer aux autres une image d’une personne étrange, bizarre.

    4. Leur capacité d’adaptation et « faux-self ».

    Le sentiment de décalage nécessite de trouver des stratégies adaptatives
    pour se fondre dans la masse et ne pas être catalogué comme fou. C’est Will
    qui comprend le premier dans la série que le mensonge est nécessaire pour
    se protéger (il ment à son thérapeute et nie ses propres visions concernant
    Sara Patrell).
    Mais c’est aussi Lito, qui accepte de jouer le rôle de « el caïdo » dans sa
    vraie vie ou encore Kala, fiancée à un homme dont elle n'est pas amoureuse.
    Le « faux self » est une des caractéristiques du HP non détectés. Il
    apparait nécessaire pour réduire ce sentiment d’écart qui existe entre soi
    et les autres. Ce « faux-self » amène la personne à mentir aux autres mais
    surtout à se mentir à elle – même !

    5. Des proies idéales pour les pervers narcissiques (PN)

    Comme le HP, le sensitif est une proie parfaite pour le PN. Whispers (et
    son organisation BPO) utilise sa grande intelligence pour faire du mal. Il
    traque les sensitifs, veut extraire leur pouvoir, leur soustraire leur
    force.
    Il a compris comme le pervers qu’il fallait isoler sa victime. Pour ce
    faire, il tente des les dévitaliser en rompant le cercle pour les rendre
    fragiles et vulnérables. Ensuite, il harcèle sa victime : lui attribue des
    pensées qu’elle n’a pas : Dans la série Whispers comme les PN fait
    intrusion dans l’ esprit de sa victime et tente de la manipuler ! Comme un
    PN, il veut s’approprier les qualités et les pouvoirs de sa victime en la
    vampirisant.
    Les psychologues s’accordent à dire que les HP sont des victimes idéales
    pour ce genre de personnalité.

    6. Le rapport au sexe et aux drogues.

    Au coeur de cette série les questions du sexe et de la drogue sont traitées
    d’une façon toute particulière : La drogue semble être une échappatoire.
    Angelica, tout comme Will se droguent pour échapper à l’emprise de
    Whispers. Mais c’est aussi un moyen d’entrer en relation avec soi et les
    autres de son cercle : Riley rentre en contact avec un de ses « sois »
    (autres de son cercle) lors d’une prise de drogue. Il y a, nous pensons
    ici, une nécessité et une recherche de lâcher prise pour le sensitif comme
    pour le HP. L’Hyper intellectualisation du HP ne lui permet pas aussi
    facilement de lâcher prise. Aussi, les HP seraient plus vulnérables aux
    addictions et auraient un rapport particulier au sexe. Sense 8 représente
    le sexe comme permettant un état dans lequel il n’y a plus de mental !
    Les corps sont entremélés, et les sensations sont brutes et tout simplement
    pures. »

  13. Bonsoir,

    Incroyable, j’ai l’impression de lire le récit de ma vie…

    Même petite fille, même « chute » à partir du collège etc.

    J’ai fait un test à 20 ans qui ne s’est révélé ni positif ni négatif. J’étais dans une phase dépressive et la psychologue m’a dit que j’avais sûrement fait exprès d’échouer pour me voiler la face et garder cette impression d’être dans la norme.

    Même si je me suis toujours sentie hors-norme, je faisais tout pour m’intégrer. Je voulais faire partie d’un groupe même si nous n’avions pas grand chose en commun.

    Quelques mois plus tard, j’ai décidé de me tatouer un zèbre sur l’avant-bras. Il me rappelle que ma façon de penser est totalement unique et qu’elle est belle. Il m’a aidé à accepter cette différence. Par rapport à la norme.

    Bref, j’ai rencontré un merveilleux zèbre il y a quelques années, et nous vivons enfin une vie commune qui nous correspond à tous les deux. On ne se sent plus seuls. On se comprend en un regard, on sait ce que l’on est, on n’en parle pas forcément mais ça nous apaise. Quand on a besoin de distance, on se laisse tranquille, pour pouvoir nous retrouver avec nous-mêmes et laisser nos idées couler à flots dans nos cerveaux ! Lui a eu besoin de plus de 2 ans passé avec moi pour comprendre son fonctionnement et pourquoi il était comme il est. Cela l’a soulagé !
    Nous attendrons quelques années avant de (re)faire un test si cela nous semble vraiment nécessaire.

    Nous sommes partis à 800km de nos familles, vivre dans un petit village perdu du Sud de la France, un village qui était fait pour nous ! Un peu en marge de la société avec de vieilles valeurs.
    Et de vieux voisins avec qui l’on adore discuter !

    Niveau professionnel, je touche à tout. Mon conjoint aussi. Je suis toujours dans l’action et travaille presque tous les jours de la semaine : garde d’enfants, cours particuliers, animations, locations d’un de nos appartemments, vendeuse en boulangerie, travail auprès des enfants atteints d’autisme, secrétariat… Je n’arrête pas !

    Toutes ces expériences m’ont poussé à une réelle réflexion sur la surdouance, la zébritude, et j’ai rencontré pas mal d’enfants qui eux aussi, avait cette intelligence et cette sensibilité toute particulière. J’ai pu aidé certains parents à comprendre qui étaient vraiment leurs enfants, et qui ils étaient eux aussi. En règle générale, l’un ne va pas sans l’autre 😉

    Une vie bien remplie mais épanouissante 🙂

  14. Bonjour,
    Je me reconnais aussi dans ce qui est dit ici, mais moi je ne trouve pas ma voie et cela me rend triste de vivre avec le reste d’humains qui me semblent très loin de moi. Si certains veulent échanger, je me permets de laisser mon adresse mail ici: kikad2001@yahoo.fr

  15. Bonjour et merci pour cet article et ces mots qui me parlent. Je me soupçonne d’être zèbre. J’ai tous les symptômes… sauf la haute intelligence. Et j’hésite beaucoup à passer le test car je me dis que je vais juste découvrir que je suis normale et que je me prends pour ce que je ne suis pas = imposteur.

    Savez-vous auprès de qui il est possible de passer le test ?

  16. Bonsoir,
    Je me reconnais depuis longtemps dans toutes les descriptions et tous les ressentis. Mais j’ai une terrible peur de découvrir que je suis peut être capable de mieux et que j’ai tout loupé, ou inversement, que je n’arriverais jamais à rien car je n’en suis pas vraiment capable.

    Ma fille a fait des tests et son haut potentiel est gêné par un tdah. Elle me ressemble tellement mais j’ai souvent peur de ne pas réussir à lui permettre à aller loin. Je ne veux pas qu’elle se bloque comme moi, je suis remplie de blocages dans la vie et c’est hyper compliqué..

  17. Bonjour Mel,
    A 43 ans, je viens de découvrir que je suis hpi à la suite d’une « sortie de piste » plus grave que d’accoutumée qui m’a menée jusqu’à une dépression grâce, entre autres, à une psychothérapeute très à l’écoute qui m’a suggérée cette possibilité au fil des séances. L’ensemble de ma vie écoulée prend enfin sens et je me permets de ne plus culpabiliser d’être trop ou différente. Le chemin a été long, la route sinueuse mais je revoie de nouveau la vie positivement et ça fait un bien fou. Merci pour ce site, pour le blog, pour les livres sur le sujet qui nous permettent de nous sentir moins seuls et de trouver des réponses. A mon tour, je partage une chanson écrite avec mon mari sur le sujet. Même si nous avons tous nos histoires, peut-être certains d’entre vous se reconnaîtront.
    https://soundcloud.com/julien-de-156943912/lalbatros

  18. Bonjour Mel,
    J’ai 48 ans et une vie un peu cahotique. J’ai un psychologue extraordinaire qui m’a parlé de mon hypersensibilité et de ma façon différente de voir les choses. De fil en aiguille, elle m’a parlé de haut potentiel (hpi/hpe). Tout comme vous pouvoir mettre un terme sur ce que je pensais être seule à vivre m’a fait du bien. J’ai cherché, j’ai fouillé pour comprendre ce que cela signifiait et je suis tombée sur votre blog. Quand je vous ai lu, j’avais l’impression de me lire. Tellement de similitudes dans les ressentis que j’ai dévoré chaques articles. Je me sentais non seulement moins seule mais aussi face à quelqu’un qui me permettait de mieux me comprendre. J’ai acheté votre livre que je dévore aussi et où je me reconnais, c’est même flippant autant de similitudes. Mais que ça fait du bien de passer du stade de « je me sens tellement seule et différente » à « je fais partie d’une communauté atypique mais je ne suis pas seule ». J’ai conscience que le chemin de l’acceptation sera long mais l’appartance est un salut pour mieux me comprendre et m’accepter tel que je suis.
    Merci pour votre blog et pour votre livre.
    Au plaisir de vous lire.
    Stéphanie

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