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LE BLOG DE MEL POINAS

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Témoignage de Jonathan, découvrir son HPI à 30 ans

Jontahan, témoignage HPI et Hypersensible

La vie d’un Zèbre, Surdoué, profil à Haut Potentiel

Article mis à jour le 13 janvier 2022

Bravo Jonathan pour ce magnifique témoignage, poignant de vérité et d’authenticité.
Beaucoup de zèbres se reconnaitront…

Très belle journée à tous.
Mél

Un immense Merci à Jonathan pour son témoignage sur Suivez le zèbre 🙂

« Depuis un petit moment je lis différents textes et témoignages sur le sujet (zèbres, personnes à haut potentiel, surdoués, philo-cognitifs), je me suis décidé à témoigner à mon tour.

Une vision toute personnelle de mon rapport avec une douance diagnostiquée il y a quelques semaines. Qui a à la fois amené son lot de réponses et enclenché un cataclysme sans précédant.

Merci pour ce blog d’ailleurs ! Il a fait parti des éléments importants dans mon cheminement et mes recherches.

Je reste toutefois optimiste, et j’espère que ce témoignage pourra en aider certains face à un état qui est parfois mal vécu… C’est une analyse de ma vie que je propose, car c’est bien ce que le diagnostic de surdoué a amené, et repasser le fil de sa vie sous le spectre de ce nouvel élément peut parfois être… perturbant.

Merci d’avance pour l’indulgence dont vous ferez preuve face à ce texte. J’écris rarement, et ce témoignage a pris du temps, ne serait-ce que pour tenter de mettre de l’ordre dans toutes les idées et pensées qui venaient.

La pierre angulaire de mon développement : l’anxiété

Elle aura été difficile à accepter mais le constat est sans appel. Et clairement, cela a amené énormément de colère, souvent, et de ressentiment, parfois. Il faut du temps pour passer au delà.

Bien entendu l’environnement aura son importance pour n’importe qui, surdoué ou non. Un cadre de vie sain, bienveillant et stimulant sera l’idéal pour tout le monde.

Je me rend cependant compte que cette spécificité qu’est la mienne, la « nôtre », a peut-être eu pour effet de décupler l’impact de cet environnement. J’ai eu (et ai encore) des parents anxieux, dépressifs, s’inquiétant de tout et n’importe quoi et en particulier des maladies. J’ai développé un intérêt particulièrement important pour le domaine médical mais je me suis aussi imprégné des angoisses, de l’anxiété et du pessimisme de mes parents, et cette puissance intellectuelle a été conditionnée, utilisée pour développer angoisses et schémas anxieux si je la laisse démarrer.

Surdoué : L’enfance, l’adolescence, le début de l’âge adulte… une vie en marge

On ne peut envisager le fait d’être surdoué sans en venir à ré-analyser son chemin de vie. Pour ma part, mon diagnostic a amené une relecture complète de ma vie jusqu’à aujourd’hui.

Enfant, j’ai toujours oscillé entre état de calme extrême, en apparence seulement (ça bouillonnait déjà intérieurement), et d’exubérance et excitation.

En fait, parce que j’expérimentais

J’essayais de savoir comment me comporter et réagir au mieux, avec peu de succès à l’époque. Je comprenais que quelque chose ne fonctionnait pas de la même façon mais je ne parvenais pas encore à mettre un mot dessus.

Les théories, les règles, pour certaines parfois un peu dépassées… ont toujours été très facilement intégrées chez moi. Être poli, tenir la porte aux professeurs… Autant de concepts qu’il était facile pour moi d’appréhender et qui facilitaient mes rapports avec les adultes, beaucoup moins avec les gens de mon âge.

Tout cela est resté vrai durant l’adolescence et l’âge adulte n’y déroge pas, je n’aborde pas les choses et les analyses comme mes collègues et mon patron et cela amène souvent des incompréhensions ou des relations un peu tendues face à certaines personnes qui ne me comprennent clairement pas.

L’élément déclencheur : ma compagne !

De la douceur dans le chaos…

Il y a eu tout de suite une compréhension profonde de l’autre et nous restons encore aujourd’hui, quelques années plus tard, en phase l’un avec l’autre malgré nos différences évidentes.

Après un certain temps, il m’est rapidement apparu que « quelque chose clochait ».

Jonathan

Une façon de penser, une façon de réagir et d’aborder les choses qui étaient peu communes. Sa singularité me sautait à la gorge plus que la mienne, sur laquelle je ne savais pas encore mettre de mots.

Mes remarques se sont fait l’écho d’un ressenti profond présent chez elle, et elle a décidé d’entreprendre les démarches pour mettre un terme à tout cela. Peu importe lequel finalement, mais pour enfin trouver une réponse à cette question : « qui suis-je ? ». Le processus a été long et douloureux et l’est toujours mais elle commence à avoir ses réponses. Des évidences pour qui la connait bien, moins faciles à accepter pour elle. Mais ça, c’est son histoire. 🙂

Durant cette période, en parallèle aux visites avec des spécialistes, elle a énormément lu d’ouvrages de référence dans plusieurs matières.

Dont un que j’ai décidé de lire… avant une longue liste d’autres : Trop intelligent pour être heureux !

Une lecture éprouvante : « trop intelligent pour être heureux ? » de Jeanne Siaud-Facchin

Le titre me semblait un peu présomptueux mais j’ai pris la mesure de ce que ça englobait au fil de ma lecture, et les débuts ont réellement réveillés de profondes souffrances, au point que j’ai stoppé et mis de côté ce livre durant quelques semaines.

Toutes les réponses y étaient… Je ne m’étais jamais vraiment senti concerné et j’avais donc tendance à rester fixé sur la vision surannée qu’un bon nombre de personnes peut encore avoir de quelqu’un dit « HP« . Une sorte d’être supérieur à l’intelligence exceptionnelle et, forcément, à la réussite éclatante.

Mais j’ai compris en lisant que la réalité est plus compliquée que cela, à la lumière d’un fonctionnement riche de toutes les différentes formes qu’il peut prendre, autant que tous les zèbres qui existent :

– j’en ai compris la notion d’intelligence qualitativement différente ;
– j’en ai compris le fonctionnement en arborescence ;
– j’en ai compris cette tendance cyclothymique qui peut faire varier l’humeur et les pensées si vite et si fort ;
– j’en ai compris les différents « types » de zèbres ;

Et tant d’autres choses…

Comme lire une description de soi et de son histoire. Plus de psy dont les échanges sont tellement cousus de fils blancs que vous vous demandez pourquoi vous y allez car au fond, vous sentez que rien ne change. Plus de discussions avec certaines personnes auxquelles vous exprimez votre malaise et vos particularités et qui vous répondent 

– « oh tu sais, c’est un peu comme tout le monde, on a tous ça / on ressent tous ça / on fonctionne tous comme ça parfois » ;
– « ben justement … ! Parfois, pas en permanence, comme moi ! »

Et beaucoup plus de réponses qu’en cherchant auprès de certaines pathologies (qui sait ?) telle que la bipolarité…

Sont venues ensuite les questions, et si… ? 

Un diagnostic tardif suivi d’une remise en question complète

J’ai donc finalement décidé de pousser la porte d’un centre inter universitaire après beaucoup de recherches et j’ai passé un bilan complet.

Les résultats n’ont fait que confirmer un ressenti profond déjà présent, mais j’ai enfin eu un mot à mettre sur tout ça. Au hasard, il est également apparu que cette puissance intellectuelle a tendance à être minée par des schémas anxieux bien ancrés.

D’une certaine façon, le diagnostic a été un soulagement. Mais après plusieurs semaines il a aussi eu pour effet d’exacerber des questionnements déjà présents auparavant, j’ai eu la sensation de réveiller (violemment) un part importante de moi en sommeil.

Les changements sont en marche. Nous avons déménagé afin de retrouver un environnement de vie plus calme et adapté (nous vivions dans un appartement bruyant) et je suis en train de revoir sérieusement mes plans de carrière.

Bien entendu j’étais dans une certaine mesure déjà conscient que mon travail actuel ne me convenait pas mais ce diagnostic et l’acceptation de ce fonctionnement atypique ont accélérés les choses.

J’imagine que je ne peux plus faire semblant.

D’une certaine façon, maintenant que « je sais », au plus je tente d’aller à l’encontre de cette nature, au plus les réactions (autant physiques que psychiques) se font violentes.

Et après ?

Comme dit au tout début, j’essaye de rester optimiste.

Je ne suis dans l’immédiat plus capable de travailler là où je suis engagé mais, ayant la trentaine, mieux valait maintenant qu’à la fin de carrière. Et j’en profite pour me poser les bonnes questions, et essayer de trouver quelque chose qui corresponde à mes spécificités et à mes valeurs (cette quête de sens…). Il faut du temps et le bon boulot ne sera peut-être pas le premier.

J’essaye de plus respecter mon individualité, chose que j’ai toujours eu tendance à mettre en sourdine au profit des autres et de leurs attentes.

Dans ce genre de situation votre entourage aura souvent tendance à vous conseiller de vous « reposer », de prendre du recul et d’essayer de lâcher prise. Pour ma part, je me rend compte que cela aurait un effet contre-productif et même plutôt tendance à empirer les choses.

C’est lorsque je reste sans activité et laisse mon esprit divaguer que je me sens au plus mal.

Imprégné de mon vécu, ces instants sont la porte ouvertes aux pensées noires et angoissantes, accompagnés de symptômes physiques divers et difficiles à vivre (malaises, crises d’angoisse, vertiges, migraines ophtalmiques, …).

Si par contre ces moments sont utilisés afin de travailler sur de nouvelles idées, de nouveaux projets, c’est là que tout le potentiel et l’énergie se réveillent, que les angoisses se tarissent et qu’en réalité l’esprit « se calme ».

Pour terminer, je dirais que si certains vivent quelque chose de semblable à moi il est important de structurer les choses pour la suite, avec des personnes ressource ou des spécialistes formés à cette spécificité qu’est la nôtre.

Face au foisonnement et à la violence de certaines idées il est parfois difficile de faire le tri, et à fortiori lorsqu’on en a pas eu l’habitude et qu’on le « réveille ».

C’est en tous cas ce que moi j’ai décidé de faire, en espérant trouver des réponses et mieux vivre ce début d’une nouvelle vie :).

Merci.
Jonathan

Encore Merci Jonathan et merci à vous tous, d’être là, de me lire, de nous lire et d’être chaque jour plus nombreux !

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