amitié et HPI surdoué zèbre

L’amitié quand on est HPI, TDAH et/ou TSA

Bref, l’Amitié quand on est neuroatypique !

L’ami vrai ce n’est pas celui qui regarde avec peine tes souffrances, c’est celui qui regarde sans envie ton bonheur.

L’amitié pour un neuroatypique : tout ou rien ?

L’amitié, sur le papier, c’est censé être simple.

Des discussions qui durent des heures.
Des fous rires absurdes à 1h du matin.
Des vocaux de 7 minutes envoyés “vite fait”.
Quelqu’un qui comprend une référence ultra niche sortie de nulle part.
Et cette sensation rare de pouvoir être soi-même sans devoir tout traduire, expliquer ou filtrer.

Une forme d’amour finalement.
Sans le couple. Sans le désir surtout !

Quand on est neuroatypqie, le lien peut être aussi nécessaire qu’envahissant !

Parce que quand on est neuroatypique, les relations sont rarement vécues à moitié.

Les liens peuvent prendre énormément de place.
Très vite.
Très fort.

Certaines personnes deviennent presque des “safe place” humaines.
Des repères émotionnels.
Des cerveaux avec lesquels le courant passe enfin naturellement, sans suradaptation permanente.

Et quand ça arrive après des années à se sentir décalé, incompris ou “trop”, forcément… ça compte énormément.

Le problème, c’est qu’avec ce type de fonctionnement, il peut aussi y avoir une tendance à idéaliser le lien.

À rechercher des relations ultra profondes, sincères, fusionnelles parfois.
À vouloir des amitiés rares, loyales, évidentes, qui résistent à tout et durent toute une vie.

Sauf que la vraie vie est souvent plus nuancée que ça.

Les gens évoluent.
Les rythmes changent.
Les liens bougent.
Certaines relations deviennent moins intenses sans devenir moins sincères pour autant.

Mon évolution à moi

Je ne sais pas si c’est lié au HPI /TDAH, à mon style d’attachement ou simplement à ma manière d’être au monde, mais pendant longtemps, chaque rupture amicale m’a donné l’impression de perdre une partie de moi-même. Un peu comme une rupture anoureuse finalement…

Comme si certaines personnes ne prenaient pas seulement une place dans ma vie… mais dans mon équilibre intérieur.

L’amitié, sur le papier, c’est quelque chose de simple et de beau : des échanges, des fous rires, de la complicité, du soutien, des discussions qui durent des heures et cette sensation rare d’être compris sans avoir besoin de trop s’expliquer. Une forme d’amour sans dimension romantique finalement.

Mais quand on est neuroatypique, les relations sont rarement vécues à moitié.

On peut s’attacher très vite, très fort.
Chercher des connexions profondes, sincères, authentiques.
Avoir du mal avec les relations superficielles, les liens “de circonstance”, les échanges tièdes ou les amitiés sociales codifiées.

Souvent, on ne veut pas simplement “voir des gens”.
On veut se sentir relié.

Alors forcément, les déceptions relationnelles peuvent devenir particulièrement douloureuses.

Parce qu’on projette beaucoup.
Parce qu’on idéalise parfois le lien.
Parce qu’on rêve d’amitiés rares, intenses, loyales, presque indestructibles.

Des relations où l’on pourrait être totalement soi-même, sans masque, sans devoir se réduire ou se suradapter.

Et pendant longtemps, j’ai cru que l’amitié devait forcément être comme ça : fusionnelle, évidente, entière… presque éternelle.

Avec le temps, j’ai compris que cette vision pouvait aussi devenir épuisante.
Pour soi.
Et parfois pour les autres.

Aujourd’hui, j’apprends qu’un lien n’a pas besoin d’être permanent ou absolu pour être sincère.
Qu’une relation peut évoluer, prendre de la distance, changer de forme… sans que cela efface forcément ce qu’elle a représenté.

Et honnêtement, pour un cerveau qui ressent tout aussi intensément, ce n’est déjà pas une mince affaire.

Et ça, pour beaucoup de profils neuroatypiques, c’est extrêmement difficile à accepter émotionnellement.

Parce qu’une prise de distance peut parfois être ressentie comme une perte énorme.
Presque physique.

Pas forcément parce qu’on manque de maturité affective.
Mais parce que certains cerveaux vivent les attachements avec une intensité particulière.

Avec le temps, beaucoup apprennent alors quelque chose d’essentiel :

Une relation n’a pas besoin d’être fusionnelle ou permanente pour avoir été vraie.

Et surtout, qu’un lien peut changer de forme sans que cela enlève forcément la valeur de ce qu’il a représenté.

Bon…
En théorie, c’est très sage.

En pratique, le cerveau neuroatypique continue parfois à analyser un message vu à 14h32 pendant trois jours comme s’il s’agissait d’une enquête criminelle Netflix.

L’impact émotionnel des relations fortes

Parfois, quand le lien esr trop envahissant émotionnellement, on n’est tout simplement plus en capacité de gérer la relation. On arrive à une sorte de rupture. Soit on ne se sent plus à l’aise comme si on n’était plus à la hauteur soit c’est l’autre qui ne l’est plus.

Tout devient trop fort et on a cette sensation d’étouffer. Sans parler de la peur qui va avec.

Mon côté bizarre, décalé, sombre, allait forcément finir par me trahir. Je n’avais plus envie de prendre le risque de me sentir encore rejetée. Je préférais être seule, prendre la fuite et mettre fin moi-même à une amitié que je vivais désormais comme un danger. 

La suite était toujours la même. Je vivais l’amitié comme quelque chose de culpabilisant et d’envahissant qui me renvoyait tout simplement à mon impuissance à tisser des liens sur le long terme. J’avais déjà tellement de sujets avec lesquels me débattre que je ne voulais pas encore me justifier.

Alors on avance et en essayant de trouver des réponses… Parfois, un accompagnement thérapeutique nous aide à comprendre nos liens d’attachement, notre enfance, certains schémas que l’on met en place pour se protéger insconsciemment.

Et, au fil des années, on tourne les pages du livre, laissant derrière nous aussi bien des liens toxiques que de très belles personnes avec qui on a partagé des moments exceptionnels. 

Se faire accompagner pour construire des amitiés plus saines

Quand on est neuroatypique, les relations peuvent parfois devenir très intenses émotionnellement.
Pas parce qu’on aime “mal”.
Mais parce qu’on ressent souvent fort, vite, profondément… avec une tendance à beaucoup investir le lien affectif.

Certaines personnes vont alors alterner entre :

  • hyperattachement,
  • peur du rejet,
  • besoin de fusion,
  • suradaptation,
  • ou au contraire évitement relationnel et besoin de fuite quand le lien devient trop envahissant émotionnellement.

Avec le temps, cela peut créer des relations déséquilibrées, épuisantes ou anxiogènes, où l’on finit parfois par confondre :

  • proximité et fusion,
  • loyauté et dépendance affective,
  • authenticité et absence de limites.

C’est pour cela qu’un accompagnement thérapeutique ou psychoéducatif peut être particulièrement aidant.

Non pas pour “apprendre à devenir normal”, mais pour mieux comprendre :

ou encore sa tendance à idéaliser certains liens.

son fonctionnement relationnel,

ses besoins affectifs,

son style d’attachement,

ses mécanismes de protection,

ses difficultés de régulation émotionnelle,

Comment construire des amitiés plutôt que les consommer ?

Et si la clé en amitié c’était justement de ne rien attendre ?

L’objectif n’est pas de devenir froid, détaché ou moins sensible.

Au contraire.

L’idée est plutôt d’apprendre à construire des relations plus stables, plus sécurisantes et moins basées sur l’urgence émotionnelle.

Parce qu’une amitié saine n’est pas forcément une relation fusionnelle ou permanente.

C’est souvent une relation dans laquelle chacun peut :

  • être lui-même,
  • poser ses limites,
  • prendre de la distance sans culpabilité,
  • et revenir sans avoir peur que le lien disparaisse immédiatement.

Construire des amitiés plus saines, ce n’est donc pas “moins aimer”.

C’est apprendre à créer des liens qui laissent de la place à l’autre… sans se perdre soi-même dedans.

Ce n’est plus un effort de prendre du temps pour les autres, bien au contraire, c’est devenu un besoin

Tu peux aussi trouver plus d’infos, de ressources et d’outils sur le Haut Potentiel / TDAH dans le livre témoignage de Mel POINAS. Avec beaucoup d’humour, Mel raconte la découverte de son HPI/TDAH et les routines qu’elle a mis en place pour enfin trouver sa place grâce àa la psychoéducation.

Le livre

Écrit par une HPI !
Un témoignage et des solutions concrètes pour découvrir, comprendre et apprendre à vivre en étant HPI.

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  1. Bonjour, merci de nous partager ton expérience sur ce sujet important qu’est l’amitié. Pour ma part, je suis encore un peu jeune (peut-être que je me casse la tête pour rien…😅 je ne suis qu’en 4e) je peine à avouer à mes amis que je suis zèbre. J’aimerais le faire mais je pense qu’il me faut encore du temps avant de leur en parler, pour le moment. Je l’ai dit à ma meilleure amie (que je pense sérieusement être un zèbre elle aussi et je le lui ai aussi dit, elle le pense aussi mais bref elle va probablement faire un teste) et maintenant j’ai l’impression d’être libérée d’un poid immense, il me semble que notre relation c’est encore plus améliorer suite à ça. Je me suis découverte zèbre il y a maintenant 1 ans et j’ai décidé d’en savoir d’avantage ! Ce site est sans nul doute le meilleur (selon moi😅) et le plus compréhensible sachant que tu nous parle beaucoup de ta propre expérience, pas juste des choses balancées comme ça sans aucun fondement sachant que tu est toi-même HP (car oui, il y a des gens qui balance des choses sous forme d’affirmation sans même être zèbre !😒).
    Ton site m’a vraiment aidé à voir plus claire sur moi en tant que zèbre tout en prenant en compte qui je suis ! Merci pour ce beau travaille! Tes élèves ont de la chance de t’avoir comme prof !
    Sur ce, bonne continuation !
    Et j’attends avec impatience ta nouvelle publication ! ^^

    1. Merci beaucoup Méli pour ton commentaire, il me touche, me fait rire et ça me va vraiment droit au coeur 😉
      Cas y à ton rythme… Dis la aux personnes avec qui tu as un bon feeling, et si elles sont aussi tolérantes que toi, ça passera tout seul 🙂
      Bonne soirée et à très bientôt,
      Mél

  2. Merci Mél pour ce conseil et désolée pour les fautes d’accord de mon autre commentaire (correcteur auto😅).
    Bonne soirée aussi ! ^^

  3. Bonjour, ton article résonne tellement en moi, merci ! J’ai 47 ans et je vis effectivement mes amitiés beaucoup trop dans la recherche de la perfection, de l’exclusivité, en mettant beaucoup d’attentes au quotidien ce qui forcément génère chez moi de la déception et du mal-être … j’ai une tendance à fuir et m’isoler pour essayer de revenir dans la relation avec plus de légèreté, au risque de générer l’incompréhension de l’autre et mettre en péril un lien auquel je suis pourtant hautement attachée ! Compliqué d’être HP mais tellement riche émotionnellement si on trouve son équilibre par une connaissance et une acceptation de soi 🙂

  4. Stéphanie

    Hello,
    merci beaucoup pour ton article dans lequel je me retrouve énormément. Par moment c’est très difficile de trouver les mots, d’exprimer correctement ce que l’on ressent dans des contextes « hors-norme »,.. même si c’est quelqu’un d’autre qui le fait c’est un soulagement de ne plus se sentir seul.
    Est-ce que tu as eu ces ressentis aussi avec un autre zèbre ? engendrant une amitié plus forte, plus compliqué ou impossible peut-être ?
    merci encore pour ces excellents articles que tu nous partages 🙂

  5. Mais c’est exactement ca ! J’ai toujours dit que j’étais bonne pour rencontrer les gens, mais nul sur le long therme ce qui me stresse et m’occasion beaucoup d’autocritique. Après vue que je suis extravertie les gens croient que j’ai beaucoup d’amis alors que je suis toujours seule, les amis qui t’appelles pour t’inviter a une fête et bien moi ça n’existe pas … J’ai quelque amis mais tous dans des groupe séparés, je me sens simplement inadapté. Après je les entends parler de leurs soirées, mais faut croire qu’on m’a oublié. J’ai l’impression de passer a coté de ma vie sociale, j’ai 25 ans et je fais a ma façon, mes voyages et mes petits projets, je m’arrange pour travailler les soirs de fins de semaines comme ca j’ai l’aire moins étrange, ringarde, mais ca me pèse.

  6. Bonjour Mél,

    Ayant vécu une déception amicale récemment (enfin, non ça fait des mois et des mois mais je reste bloquée dessus disons la vérité à un moment donné!!!), lire ton article m’a fait beaucoup de bien… Je ressentais bien que la façon dont je vivais cette deception avait l’air très très « zèbre »… Te lire me déculpabilise, et m’aide…

    Ce que je retiens particulièrement :
    « Ne rien attendre »
    « Le temps est devenu un allié »
    « Je construis mes amitiés, je ne les consomme plus »

    Super, merci 😉

  7. Mon dieu!!! C est exactement ce que vit m’a fille de 15 ans à chaque fois!!! Très sociable elle se fait des amis assez facilement mais dès que ces relations deviennent plus fortes çà se complique et elle fini par tout plaquer quitte à en souffrir affreusement pendant se protéger…, 😩😩😩

  8. Votre témoignage résonne beaucoup en moi. J’en suis encore à la phase où j’idéalise l’amitié et j’ai bien l’intention d’en sortir car j’en souffre.

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