L’Impact du TDAH sur la Gestion des Finances : la TAXE TDAH

Les personnes atteintes de TDAH sont souvent confrontées à des difficultés spécifiques en matière de gestion financière mais d’autres traits spécifiques peuvent entrainer un surplus de paiement aux personnes qui ont un TDAH.

La taxe TDAH, c’est quoi ?

La « taxe TDAH » peut se manifester de différentes manières dans la vie quotidienne des personnes atteintes de Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH).

La communauté TDAH définit la « taxe TDAH » comme les « frais engendrés par la nécessité de compenser les symptômes du TDAH ». Autrement dit, c’est l’argent dépensé en raison de notre difficulté à gérer efficacement nos symptômes.

La taxe TDAH peut inclure :

  1. Frais de retard sur les factures : Oublier de payer les factures à temps peut entraîner des frais de retard. Les personnes atteintes de TDAH ont souvent du mal à se rappeler des échéances, ce qui peut rapidement s’accumuler en frais supplémentaires.
  2. Achats impulsifs : L’impulsivité est un symptôme courant du TDAH. Cela peut conduire à des achats non planifiés et inutiles, entraînant des dépenses supplémentaires qui déséquilibrent le budget.
  3. Perte ou endommagement d’objets : Les personnes atteintes de TDAH peuvent être plus susceptibles de perdre ou de casser des objets en raison de la distraction et de la désorganisation. Remplacer ces articles peut représenter un coût financier significatif.
  4. Frais bancaires : Le manque de suivi des finances peut entraîner des découverts bancaires et des frais associés. Les oublis et les erreurs de gestion de compte sont courants chez les personnes atteintes de TDAH.
  5. Dépenses liées à l’organisation : Pour compenser leur désorganisation, certaines personnes atteintes de TDAH peuvent investir dans des outils ou services de gestion, comme des applications de planification, des consultants en organisation ou des services de conciergerie, qui représentent des coûts supplémentaires.
  6. Amendes et pénalités : Ne pas renouveler à temps des documents importants comme le permis de conduire, l’assurance, ou l’abonnement à des services peut entraîner des amendes ou des pénalités.
  7. Problèmes de crédit : Des paiements manqués ou tardifs peuvent affecter le score de crédit, entraînant des taux d’intérêt plus élevés sur les prêts et les cartes de crédit, ce qui augmente le coût global des emprunts.
  8. Éducation et formation : Les personnes atteintes de TDAH peuvent avoir besoin de cours supplémentaires, de tutorat ou de services éducatifs spécialisés, qui peuvent être coûteux.
  9. Coûts médicaux et thérapeutiques : En plus des dépenses quotidiennes, la gestion du TDAH peut nécessiter des consultations médicales, des médicaments et des séances de thérapie, qui représentent une part importante du budget.

À retenir

La « taxe TDAH » illustre donc l’impact financier significatif que le trouble peut avoir sur la vie des personnes concernées, rendant cruciales la mise en place de stratégies adaptées et l’accompagnement spécialisé pour minimiser ces coûts.

La « taxe TDAH » est un terme utilisé pour décrire les coûts financiers supplémentaires que les personnes atteintes de Trouble Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) peuvent accumuler en raison de leurs symptômes.

Ces coûts proviennent de divers aspects de la vie quotidienne, notamment les frais de retard dus à des factures oubliées, les achats impulsifs et non planifiés mais aussi les dépenses pour des objets perdus ou endommagés et surtout à un manque d’attention au quotidien associé à une désorganisation générale

La « taxe TDAH » représente donc le fardeau financier additionnel que ces individus doivent souvent supporter, rendant la compréhension et la mise en place de stratégies adaptées essentielles pour atténuer ces impacts.

La TAXE TDAH dans le quotidien

Je vous propose des exemples très concrets que je vivais régulièrement avant d’être diagnostiquer avec un TDAH

1- Le retard et la taxe TDAH

Avant, j’étais toujours en retard. J’avais du mal à calibrer le temps que me prenais les choses et j’étais toujours optimiste sur la durée des choses. Nettoyer l’appart, me doucher et me préparer ? Un e heure granx max ! Réalité : 3h…

Comme j’étais toujours en retard pour tout : rendez-vous médical, travail, soirée, sport. J’avais toujours peur de me faire enguirlander donc j’étais toujours en speed et dans le stress ! Résultat, quand j’arrivais enfin, neuf fois sur 10 je sortais à moitié en courant de la voiture, j’étais garée à l’arrache, il m’arrivait de me prendre un poteau, un plot ou èire, une autre voiture et évidemment j’oubliais de payer l’horodateur du parking.

Oublier de payer l’horodateur ça m’arrive encore même si je suis beaucoup moins en retard qu’avant ! Notamment quand je suis avec un proche et qu’on discute. Je me gare et j’oublie de payer. Peu importe la raison, chaque fois que j’oublie l’horodateur, quand je récupère ma voiture, j’ai pris une amende !

Forcément, c’est hyper agaçant et aussi culpabilisant ! Je finissais par enfouir la prune dans la boite à gants ou dans le vide poche et elle finissait une fois sur deux à la poubelle avec les tickets de CB et autre papiers. Et j’oubliais encore de payer. Deux mois après, je recevais à nouveau la prime mais, cette fois, avec une majoration…

Cela peut arriver aussi pour les impôts, les autres taxes et les diverses relances !

2- Les accidents, les blessures et la taxe TDAH

C’est directement lié au point numéro 1. Les nombreux retards peuvent nous amener à rouler plus vite et donc à nous faire flasher ou arrêter pour excès de vitesse. J’ai passé une dizaine d’années sans avoir tous mes points de permis ! Je suis même tombée à 4 points… Là encore, si on ne veut pas prendre de risque, c’est stage de récupération de points obligatoire !

Sans parler des excès de vitesse liées au retard, le déficit du trouble de l’attention fait qu’on est souvent dans la lune, dans nos pensées, on rêvasse au volant… Que ce soit en voiture, en scooter, moto, cela peut s’avérer dangereux par manque de concentration car l’accident est vite arrivé.

J’ai souvent eu de la chance malgré d’innombrables chutes, et puis une fois, l’épaule y est restée… Et ça a aussi été une prise de conscience. Sans savoir que c’était le TDAH, je savais que je devais être plus concentrée en voiture et en moto. J’ai d’ailleurs vendu la moto et j’ai investi dans une voiture qui bip quand celle de devant freine et que je m’approche trop près sans avoir ralenti. Elle bip aussi si, par inadvertance, je change de voie ! Pour plein de gens, ce sont des gagdets, mais pour moi, c’est hyper important, et bien sûr, ce sont devenus des critères indispensables dans le choix de ma voiture et forcément, ces options ont un coût supplémentaire qui viennent alourdir ma taxe TDAH.

Par inattention, on se prend plus facilement les pieds dans un tapis, dans un meuble… On tombe aussi plus facilement. Ces accidents, blessures, arrêts de travail et maladies ont également un coût puisque la sécurité sociale ne prend pas toujours les frais à 100% et cela crée encore des dépenses et peuvent augmenter la précarité (hôpital, rééducation, traitement etc…)

3- Adrénaline, besoin de changement et goûts du risque et taxe TDAH

La recherche d’adrénaline et de nouveauté pour parfois nous pousser à repousser nos limites. Les personnes TDAH aiment les challenges. Ils peuvent s’orienter sur des passions à sensations : sport automobile, ski de descente avec vitesse, parapente, parachute, planeur, rafting etc…

J’avoue, je me suis calmée sur la conduite et les sports à risque mais le ski reste mon échappatoire ! Je me le dis d’ailleurs souvent lors de certaines descentes, là, si je tombe, ça peut faire très mal mais c’est aussi dans ces moments que je me sens le plus libre et la plus vivante !

Quand on a un TDAH, je crois qu’on vit plus de frustrations que la majorité des gens. Repousser les limites, aller hors des sentiers battus, c’est aussi une manière d’exister dans un monde dans lequel on sait qu’on est en décalage et en perpétuelle adaptation.

4- Adaptation, résilience et taxe TDAH

S’adapter, s’ajuster, se focaliser, lutter contre la procrastination, l’inattention, les oublis, c’est hyper énergivore ! Sans parler des multiples remises en questions ! On dit souvent que le cerveau des personnes HPI tourne en boucle mais c’est aussi le cas des gens avec TDAH !

D’autant plus qu’à la différence des personnes HPI qui sont bien souvent des bon élèves, des personnes qui s’adaptent très facilement, les TDAH dérangent. Soit ils ne tiennent pas en place, ils coupent la parole, ils prennent de la place, ils sont impulsifs et agaçants, soit ils oublient tout, ils ne sont pas concentrés, ils n’écoutent pas et j’en passe !

Les personnes TDAH ont bien souvent une faible estime d’eux-même. Ils ont confiance ont ce qu’ils savent faire. car ils sont créatifs, curieux et ingénieux mais ils n’ont pas confiance en eux et ont souvent un désamour d’eux-même. Ils sont souvent dans le faire mais très peu dans l’être.

5- Taxe TDAH, Maladies et comorbidités

Résultat, ils s’épuisent souvent à essayer de rester concentré, de ne pas trop bouger, de se contrôler. C’est la lutte pour se sentir bien dans ses baskets. Sans parler du fait qu’ils ont besoin de faire 250000 choses en même temps, qu’ils ne savent pas se canaliser ni se reposer. Le corps finit généralement pas les rappeler à l’ordre et parfois, cela va jusqu’à développer des troubles anxieux, des troubles dépressifs, des troubles du sommeil, un burn-out ou encore développer des hypersensibilités et des allergies.

Il faut savoir que les troubles du sommeil, en particulier l’apnée du sommeil et la narcolepsie sont des comorbidités associées au TDAH. Les personnes TDAH sont donc plus fatigables et plus fatiguées que les gens sans TDAH. Une thérapie avec un neuropsychologue est souvent conseillée, en plus d’autres praticiens. Là encore, ces frais viennent s’ajouter à ceux déjà évoqués précédemment.

Ces difficultés peuvent encore creuser la taxe TDAH car on garde plus difficilement un travail, rester en couple sur la durée semble aussi plus complexe.

6- La Taxe TDAH au quotidien

Ajouté à ces situations, il y a la gestion du quotidien lorsqu’on a un TDAH :

Par exemple, acheter un objet en double de peur de perdre le premier, comme une paire de tongs ou de lunettes de soleil l’été. Personnellement, j’ai d’ailleurs pris cette mauvaise habitude de tout avoir en double, « Au cas où ! »

On a une valeur de l’argent qui est biaisée. Si on a l’impression qu’on a vraiment besoin d’un truc, on est prêt à y mettre 500 euros, alors qu’on ne mettrait jamais la même somme pour un truc qui nous semble pas important alors qu’il l’est (la révision de la voiture ou changer les pneus) mais c’est tellement pas excitant la révision et les pneus ! Et surtout, ça n’active pas notre circuit dopaminergique parce que ce n’est pas un plaisir d’emmener la voiture au garage !

Dans le TDAH, il y a un rapport bien-être immédiat et instantané qui vaut tout l’or du monde. Ce qui compte c’est que ça me rendrait heureux, là, maintenant, instantanément, et comme ça me rendrait tellement heureuse de l’avoir maintenant, alors je l’achète sans hésiter une seule seconde ! Et je ne pense pas que la révision de la voiture arrive et que je vais devoir passer le contrôle technique et changer les pneus.

Mais aussi, acheter des objets ou vêtements de manière compulsive sur internet et une fois reçus, se rendre compte qu’e cela ‘ils ne nous vont pas et les garder par flemme, (réemballer, imprimer l’étiquette, retourner le colis à la poste… trop chiant !) ou pire, par « au cas où » si dans 2 ans je perds deux tailles ou au contraire j’en prends une ou tout simplement parce qu’on oublie de les ramener ou de les renvoyer. C’est valable aussi pour les ordonnances diverses et variées qu’on laisse trainer dans un sac alors qu’on a mis 8 mois à avoir rendez-vous chez l’opticien ou le gynéco !

Il y a aussi les aliments qu’on oublie dans le frigo ou dans les placards, les crèmes pour le corps, les abonnements qui ne servent à rien (salle de sport, box en tout genre) et les multiples trucs qu’on a acheté par passion du moment !

Il est clair que je ne prends plus aucun abonnement à rien, safu Netflix parce que je suis une accro des films et séries… Mais la salle de sport, les magazines que je lis jamais, c’est terminé ! À une époque, je m’étais mise à la peinture ! J’avais investi dans tout le matériel, chevalet, tube, pinceaux, toiles. J’ai fait ça un an. Depuis 15 ans, les tubes me suivent dans chaque déménagement, « au cas où » !

Je dois avoir 500 livres dans la maison, dont 70 que je n’ai certainement jamais lus ! Mais je les acheté pour les lire l’été prochain (été 2019, on est en 2024, toujours pas lus), par envie, parce que c’est un super auteur, parce qu’il faut le lire une fois dans sa vie…

Heureusement, la mauvaise gestion financière n’est pas une fatalité quand on a un TDAH ! Ces défis peuvent sembler insurmontables, mais avec des approches adaptées, il est possible de prendre le contrôle de ses finances.

Taxe TDAH : BESOIN OU ENVIE ?

Quand on a un TDAH et que l’on souhaite acheter quelque chose, une des principales question à se poser c’est : est-ce que j’en ai vraiment besoin ? Est-ce que je pense encore m’en servir d’ici 2 ans ? Est-ce que c’est vraiment utile ? Est-ce que je peux m’en passer ? Est-ce que j’ai déjà un produit de substitution à la maison ?

Vous vous reconnaissez dans les exemples précédents ? Et si c’était le TDAH ?

Si vous avez un TDAH, que vous vous reconnaissez dans les exemples précédents et que vous souhaitez mieux gérer vos dépenses, rassurez-vous, il existe des stratégies adaptées qui permettent de surmonter ces obstacles et d’atteindre une stabilité financière.

Retrouvez tous nos conseils pour mieux gérer vos dépenses et finances et réduire cette taxe TDAH au maximum pour retrouver une liberté et une autonomie financière dans l’article suivant : Nos conseils pour mieux gérer son argent quand on a un TDAH

Merci pour votre lecture et à bientôt !

Mel, Happy HPI et TDAH

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